HomeCultural policies and social order (1968–2018)

Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Cultural policies and social order (1968–2018)

Politiques culturelles et ordre social (1968–2018)

Ethics, disparities, eventualities

Morales, écarts, possibles

*  *  *

Published on lundi, mai 28, 2018

Summary

En ce cinquantième anniversaire de la Déclaration de Villeurbanne, texte fondateur, engagé et ambigu, le colloque prend pour objet la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968. L’évolution des référentiels de l’action culturelle et la façon dont ils parlent de (ou taisent) la relation entre politique et culture sera analysée dans trois directions : la spécialisation des protagonistes de la culture (opérateurs, artistes, public) ; la territorialisation de la culture (entre essoufflement des politiques culturelles nationales, internationalisation et montée en puissance du fait urbain) ; les cadres institutionnels et organisationnels de l’activité culturelle (leur caractère contraignant et leurs interstices).

On this fiftieth anniversary of the “Déclaration de Villeurbanne”, a founding, committed and ambiguous text, the conference focuses on the politicization of culture since the breaking point of 1968. The evolution of the frameworks of cultural action, and the way it shows (or hides) the relationship between politics and culture, will be analyzed in three directions: the specialization of the protagonists of culture (professionals, artists, public); the territorialization of culture (between the exhaustion of national cultural policies, internationalization, and the rise of urban issues); and the institutional and organizational frames of cultural activity (their binding nature, and their interstices).

Announcement

Argumentaire

En mai 1968, des  États généraux de la Culture se tiennent au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, autour de Roger Planchon et Francis Jeanson : un manifeste marquant est rédigé, intitulé Déclaration de Villeurbanne. Lyrique et prospective, la Déclaration émane d’une autorité collective formée de vingt-trois « directeurs des Théâtres populaires et des Maisons de la culture ». Ensemble, ils défendent un projet de rupture et aussi de pouvoir, tout en décrivant un espace public fragmenté – en somme une sorte de morale politique. Ce texte connaîtra une destinée particulière à la fois en tant que centre de gravité et comme point de variation des énonciations politiques de la culture et du rôle social de l’art, notamment dans le champ du théâtre (Delhalle 2006, 2017).

Toujours mobilisée aujourd’hui, ambiguë et sujette à des interprétations plurielles, la Déclaration nous permet de réfléchir les continuités et les ruptures qui informent les politiques, les productions et les pratiques culturelles contemporaines Or, porter un regard critique sur l’actualité de la création et de l’action culturelle nécessite de se défaire de catégorisations irréfléchies en procédant à un travail collectif de dénaturalisation des pratiques et des langages coriaces, résistants, qui déclarent à divers titres la démocratisation, l’émancipation, l’alternatif. D’autres fils directeurs peuvent alors nourrir la réflexion : la notion de risque par exemple (quid de l’engagement aujourd’hui ou du conformisme des acteurs culturels ?) ; la question de la mondialisation (quid de l’internationalisation des pratiques et de la montée en puissance du local ?) ; ou encore le processus même de politisation(quid de la fonction politique de la culture face à son arraisonnement économique ?).

Des recherches sont menées de longue date sur ces sujets dans des champs de savoirs pluriels : études théâtrales, sciences de l’information et de la communication, sociologie, histoire, sciences politiques… Dans leur continuité, ce colloque est ouvert à des contributions issues des différentes disciplines des sciences humaines et sociales. Ces contributions porteront un regard critique et problématisé sur les politiques, les productions et/ou les pratiques culturelles, quel que soit le secteur artistique et culturel considéré (spectacle vivant, arts du cirque, patrimoine, livre, etc.). Elles s’inscriront dans un ou plusieurs des trois axes thématiques présentés ci-dessous.

1.  Public, opérateurs, artistes : des protagonistes en voie de spécialisation

Si le mot de culture peut encore être pris au sérieux, c’est dans la mesure où il implique l’exigence d’une intervention effective tendant à modifier les rapports actuels entre les hommes, et, par conséquent, d’une enquête active entreprise de proche en proche en direction de tous : c’est-à-dire, enfin, une authentique action culturelle (Déclaration de Villeurbanne).

Mais il reste que les modalités d’application de cette orientation fondamentale devront être définies en liaison étroite avec les intéressés eux-mêmes, c’est-à-dire : d’une part avec les personnels de nos entreprises respectives et d’autre part avec les différents secteurs de la population, le « non-public » (à travers les relais de tous ordres qui, de proche en proche, nous permettent d’accéder à lui), les étudiants et le public déjà constitué (Déclaration de Villeurbanne).

Cinquante ans après la Déclaration, il existe en France environ 250 formations de niveau master en “gestion culturelle”, “développement culturel”, “ingénierie culturelle” etc. Si les intitulés des formations changent, rendant compte de l’évolution des idéologies de l’action culturelle (des masters en “entrepreneuriat culturel” s’ouvrent depuis quelques années), elles participent d’un même mouvement qui consiste à qualifier, spécialiser et professionnaliser les acteurs du monde de la culture. Ces derniers ressortent de trois catégories : les « personnels de nos entreprises respectives », autrement dit les “opérateurs” culturels ; les artistes ; et les publics. Dans cette trilogie, chaque catégorie d’acteurs, en se constituant comme position sociale, professionnelle, politique, dit quelque chose de son rapport aux deux autres. Joëlle Le Marec a par exemple bien montré comment l’évolution de la formation des responsables des publics dans les musées, et notamment l’arrivée d’acteurs formés en marketing dans ces services, avaient contribué à forger une représentation du public comme cible d’une communication censée être efficace (Le Marec, 2007).

Dans un autre registre, le statut juridique, économique et politique du créateur évolue. Entre autres, des conceptions instrumentales se développent qui font de l’artiste un archétype ou un éclaireur des formes contemporaines de travail (Menger 2005) dans une société où la créativité est promue comme source de valeur et où les « individus », et non plus le « public », sont potentiellement tous créatifs.

Les destinataires de l’action culturelle, enfin, font l’objet d’une constante (re)qualification de la part aussi bien de la recherche en sciences sociales que du discours politique et des acteurs culturels. De la notion de « non-public » qui apparaît dans la Déclaration, comme un étendard, à celle de « population » énoncée par Catherine Trautmann en 1998 dans la Charte des missions de service public pour le spectacle vivant, ou encore aux notions euphémisées de “publics spécifiques”, “public du champ social”, “public empêché”, “public éloigné”, ces catégories témoignent de l’intense travail de spécialisation de la relation entre l’œuvre et son appropriation sociale, tout en continuant de produire des rejets, des désaccords et des paradoxes (Ghebaur, 2014, Rancière, 2008).

Dans cet axe il s’agira de réfléchir aux trajectoires des acteurs de la chose culturelle, aux processus de spécialisation des catégories et aux effets de ces formes de professionnalisation. Les mouvements complexes recouverts par ces termes nécessitent d’interroger les nouvelles configurations de l’autorité en matière culturelle, mais aussi ses filiations, directes ou détournées, et notamment le rôle des politiques publiques culturelles dans le renouvellement des référentiels et des cadres de l’agir culturel en contexte d’“innovation”.

2.  Territoires et lieux : enjeux géographiques et symboliques

Les directeurs des théâtres populaires et des maisons de la culture [...] protestent contre la disparité injustifiable qui sévit, d’une part entre les subventions des divers établissements nationaux de Paris, et d’autre part entre lesdites subventions et celles des établissements homologues de banlieue ou de province, une telle disparité mettant en cause l’idée même de décentralisation (Déclaration de Villeurbanne)

Les acteurs culturels sont confrontés à la montée en puissance du fait urbain et à l’essoufflement des politiques culturelles nationales, au niveau de la production artistique comme de la diffusion culturelle. En témoigne, dès les années 1970, la problématique de la municipalisation de la culture, comme le montrent les rencontres d’Avignon tenues de 1964 à 1970 sous la présidence de Jean Vilar avec les thèmes comme « La politique culturelle des villes » (1967) ou « La politique culturelle des 7 villes » (1969).

Ainsi, certains concepts ou termes-clé deviennent essentiels dans la construction et la mise en scène des identités professionnelles et des activités culturelles : “démocratisation culturelle”, “aménagement du territoire”, “transition écologique”, “développement culturel”, “Agenda 21 de la culture”, parmi d’autres. Ces termes marqueurs, dont la généalogie remonte en partie aux années 1960, font écho à ceux qui sont aujourd’hui forgés pour qualifier les nouvelles dynamiques urbaines et les politiques culturelles : “Ville-monde”, “Cité interculturelle”, “Territoire créatif” ou “Ville participative”. Mais ces termes cristallisent aussi des tensions : rejetés par les acteurs culturels, imposés par l’État ou revendiqués par les collectivités territoriales, ils révèlent des rapports de force entre les acteurs de l’action culturelle depuis 1970.

Dans cet axe, il s’agira d’identifier les nouvelles modalités d’intervention et les positionnements des acteurs, non seulement dans une dynamique et des logiques globalisées et génériques dans le contexte actuel de l’internationalisation et de l’industrialisation des secteurs artistiques et culturels, mais également dans leur(s) territorialisation(s).

3.  Cadres formels et figures de référence de l’action culturelle : (re)fondations, circulation et oublis

Pour Jacques Rancière (2004), la politique est le moment où l’on commence à compter les incomptés, c’est-à-dire à pénétrer les cadres instituants, les classifications et les concepts, le bien dire, pour y formuler un mal-dire (Farge, 1992). Par quels processus et par quelles circulations dans le temps et l’espace les politiques culturelles constituent-elles le lieu d’une politisation culturelle ou, à l’inverse, l’entravent-elles ?

Le texte de la Déclaration de Villeurbanne, loin d’être lisse et cohérent, laisse place à une pluralité d’interprétations qui font écho aux positions pas toujours conciliables de ceux qui l’ont produit. Cette ambivalence constitutive n’a pas empêché la diffusion large du texte et de (certaines de) ses propositions. Des énoncés tirés de la Déclaration font date et circulent comme des « formules » (Krieg-Planque, 2009), délestant progressivement le texte de son ancrage local et de sa force politique au profit de rhétoriques et de ritournelles dont on oublie l’origine. Mais dans le même temps, le texte est régulièrement évoqué et repris comme un moment de fondation (Schlanger, 1992) qui réaffirme ou reconstruit des généalogies et des filiations.

Dans cet axe, il s’agira de penser la matérialité de circulations qui conforment et infléchissent les politiques, les productions et les pratiques culturelles, entre les programmes et les lignes politiques proposées “d’en haut” et des interactions ténues au plus proche de l’expérience de terrain, entre les échanges sur le long terme et les rencontres ponctuelles. Ces circulations passent par des citations, des redites ou des reprises plus ou moins fidèles et explicites, dont l’analyse de discours peut rendre compte. Elles passent aussi par des formes de cadrage des pratiques et par des dispositifs et des modèles qui s’imposent à petit bruit à l’action culturelle : par exemple, la survalorisation des indicateurs quantitatifs dans les processus d’évaluation des projets culturels ; les outils de pilotage de projet de type “matrice du cadre logique” ; ou encore les procédures des programmes, financés par l’Union Européenne (Europe créative pour les projets culturels transnationaux ou Erasmus+pour la mobilité des artistes).

Informations pratiques

La manifestation se tiendra du 12 au 14 décembre 2018, à l'Université Lumière Lyon 2 et au Théâtre National Populaire de Villeurbanne.

Renseignements : policult68@sciencesconf.org

Localisation du colloque  : Université Lumière Lyon 2 et Théâtre National Populaire, Villeurbanne

Modalités de soumission

Les propositions sont à déposer en format pdf sur la plateforme  : policult68.sciencesconf.org/

La proposition doit comprendre : un titre (en français et en anglais), un résumé (en français ou en anglais)  de 7 000 caractères espaces compris (times 12), faisant apparaître la problématique, le terrain de l'enquête et les principales conclusions défendues. En complément, quelques références bibliographiques seront ajoutées et cinq mots clés.

Date limite de dépôt des propositions : 15 juillet 2018 à 12h

Avis aux auteurs : 15 septembre 2018

L’évaluation de l’ensemble des propositions sera effectuée en double aveugle par un comité scientifique international.

Comité scientifique 

  • Anouk Bélanger (Université du Québec à Montréal)
  • Julia Bonaccorsi (Université Lyon 2)
  • Jacques Bonniel (Centre Max Weber, Université Lyon 2)
  • Sarah Cordonnier (Université Lyon 2)
  • Jean Davallon (Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse)
  • Damien Darcis (Université de Mons)
  • Nancy Delhalle (Université de Liège)
  • Milena Dragicevic Secic (Université des Arts de Belgrade)
  • Isabelle Garcin-Marrou (Sciences Po Lyon)
  • Bérénice Hamidi-Kim (Université Lyon 2)
  • Jeremy Hamers (Université de Liège)
  • Yves Jeanneret (Sorbonne Université)
  • Camille Jutant (Université Lyon 2)
  • Visnja Kisic (Université des Arts de Belgrade)
  • Michel Kneubhüler (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication)
  • Joëlle Le Marec (Sorbonne Université)
  • Jason Luckerhoff (Université du Québec à Trois-Rivières)
  • Katharina Niemeyer (Université du Québec à Montréal)
  • François Provenzano (Université de Liège)
  • Guy Saez (CNRS, PACTE)
  • Cécile Tardy (Université de Lille)
  • Goran Tomka (Université du Tourisme de Novi-Sad)
  • Daniel Urrutiaguer (Université Lyon 2)

Comité d’organisation

  • Julia Bonaccorsi (ELICO, Université Lyon 2)
  • Jacques Bonniel (CMW, Université Lyon 2)
  • Sarah Cordonnier (ELICO, Université Lyon 2)
  • Camille Jutant (ELICO, Université Lyon 2)
  • Michel Kneubhüler (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication)

Références bibliographiques

Bonaccorsi Julia, « The Role of the Term Non-public in ordering cultural Initiatives : Analysis of the Modalities of the Term Non-public in public sector literacy Initiatives », in Looking For Non-publics, Luckerhoff Jason, Jacobi Daniel (dir.), Presses de l’université du Québec, 2012, p. 7-26

Delhalle Nancy, Vers un Théâtre politique, Le Cri, Bruxelles, 2006

Delhalle Nancy, Théâtre dans la mondialisation. Communauté et utopie sur les scènes contemporaines, PUL, Lyon, 2017

Farge Arlette Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIesiècle. Le Seuil, Paris, 2013.

Ghebaur Cosmina, « “c’est pas pour nous normalement”. La médiation culturelle et les non-publics », Tumultes, 42, 2014 


Jeanson Francis, « La Réunion de Villeurbanne » in La Décentralisation théâtrale, 2., Les Années Malraux, 1959-1968, Actes-Sud Papiers, coll. Théâtre, éducation, cahiers n° 6, Arles, 1993

Krieg-Planque Alice, La notion de « formule » en analyse du discours : Cadre théorique et méthodologique, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 2009

Le Marec Joëlle, Publics et musées : La confiance éprouvée, L’Harmattan, Paris, 2007

Madral Philippe, Le théâtre hors les murs. Six animateurs et trois élus municipaux nous parlent, Seuil Coll. Théâtre, 1969

Menger Pierre-Michel, Profession artiste. Extension du domaine de la création, Textuel, Paris, 2005

Rancière Jacques, Aux bords du politique, Gallimard, Paris, 2004

Rancière Jacques, Le spectateur émancipé, La Fabrique, Paris, 2008

Schlanger Judith, « Fondation, nouveauté, limite, mémoire », Communications n° 54, 1992, p. 289-298

Saez Guy, « L’être collectif du peuple à l’épreuve du projet d’un théâtre national populaire de Wagner », SociologieS, 2017

12 to 14 December 2018, in Lyon and Villeurbanne

Lyon Public Library collection, Photographers from the Rhône-Alpes region, Creative Commons

Argument

For this fiftieth anniversary of the Declaration of Villeurbanne – a political and ambiguous founding document – the symposium will be focusing on the politicization of culture, taking 1968 as the turning point. The shifting benchmarks for cultural action and the way they refer to (or keep quiet about) the relationship between politics and culture will be examined along three lines of inquiry: specialization of the cultural protagonists (i.e. operators, artists and the public); the territorialization of culture (between the loss of impetus of national cultural policies, internationalization and the rise of urbanization); and the institutional and organizational frameworks for cultural activities (their restrictive nature and interstices).

A multidisciplinary and collective debate over changes to cultural policies will lead to the production of a white paper on the current state of relations between cultural initiatives and political ethics.

In May 1968, a French national forum for culture was held at the Théâtre de la Cité de Villeurbanne, with Roger Planchon and Francis Jeanson at the forefront: a landmark manifesto was drafted, entitled Déclaration de Villeurbanne. Lyrical and forward-looking, the Declaration was the creation of a collective authority made up of twenty-three directors of popular theaters and cultural centers. Together, they supported a plan to break with the past as well as gain power, while describing a fragmented public arena – in short, a sort of political ethic. The document was destined for a special fate, both as a focal point and a variable point in political discourse on culture and the social role of art, especially regarding the theater (Delhalle 2006, 2017).

The Declaration is still used today, though ambiguous and prone to varying interpretation, helping us reflect on the continuities and breaks that influence contemporary cultural practices, policies and productions. Yet if we are to look critically at current affairs in the art world and cultural initiatives, we need to do away with meaningless categorizations and begin working together to denaturalize lingering, resistant language and practices that in a variety of ways declare democratization, emancipation and the alternative. Other themes may provide food for thought: the concept of risk, for example (what about involvement today or the conformism of cultural actors?) ; the issue of globalization (what about the internationalization of practices and the rise of local?) ; or the very process of politicization (what about culture’s political role in the face of economic arguments?).

Much research has been conducted on these topics in multiple fields of knowledge: theater studies, information and communication technology, sociology, history, political science, etc.In keeping with this research, the symposium is open to contributions from a variety of disciplines within the humanities and social sciences. These contributions will take a critical, problem-focused look at cultural policies, productions and/or practices, regardless of the artistic or cultural sector in question (performing arts, circus arts, heritage, books, etc.). They will fall within one or several of the three focus areas presented below.

  1. Public, operators, artists: protagonists on the path to specialization

If the word culture can still be taken seriously, it is insofar as it implies the demand for an effective intervention tending to modify current relations between people, and consequently, for an active investigation going from individual to individual, and seeking to take everyone into account – in other words, in the end, an authentic form of cultural action (Declaration of Villeurbanne).

The fact nevertheless remains that the ways in which this basic orientation will be put into practice must be defined in close consultation with those concerned, that is: firstly with the staff of our respective enterprises, and secondly with the different sections of the population, the “non-public” (through intermediaries of all kinds who, by going from one individual to the next, allow us to reach them), students, and the public we have already established (Declaration of Villeurbanne).

 

Fifty years after the Declaration, France has around 250 master’s level courses in “cultural management”, “cultural development”, “cultural engineering”, etc. While the names of the courses may change, in line with changes in ideologies of cultural action (masters in “cultural entrepreneurship” have been appearing over the last few years), they all relate to a single movement that involves qualifying, specializing and professionalizing the actors of the world of culture. These fall into three categories: “staff of our respective enterprises”, in other words cultural “operators”; artists; and audiences (or the public). In this trilogy, by building themselves a social, professional, or political position, each category of actors makes a statement about their relationship to the two others. Joëlle Le Marec, for example, clearly demonstrated how changes to the training of museum visitor experience managers, and the arrival of people with a marketing background in these departments in particular, have contributed to creating an image of the public as the target of supposedly effective communication (Le Marec, 2007).

On a different note, the legal, economic and political statuses of creators are changing. Amongst others, instrumental conceptions are under development that make artists archetypes or pathfinders for contemporary forms of work (Menger, 2005) in a society where creativity is promoted as a source of value and “individuals”, instead of the “public”, are all potentially creative. In the end, the recipients of cultural action are constantly being (re)qualified by research in social sciences, as well as by political discourse and cultural actors. From the notion of “non-public”, which appears in the Declaration as a standard to be followed, to that of “population” expressed by Catherine Trautmann in 1998 in the French public service mission statement for the performing arts, and the euphemized notions of “publics spécifiques” [specific audiences], “public du champ social” [audiences of social concern], “public empêché” [inhibited audiences], and “public éloigné” [remote audiences], these categories reflect intense work to specialize the relationship between artworks and their social appropriation, while continuing to produce dismissals, disagreements and paradoxes (Ghebaur, 2014; Rancière, 2008).

This topic area will involve reflecting on the trajectories of actors in cultural affairs, the processes of category specialization and the effects of these forms of professionalization. The complex movements covered by these terms call for an examination of the new configurations of authority in cultural matters, but also its filiation, both direct and indirect, and particularly the role of cultural public policy in the updating of benchmarks and frameworks of cultural action in the context of “innovation”.

  1. Regions and places: geographical and symbolic issues

The directors of popular theaters and cultural centers [...] protest against the unjustifiable disparities prevailing both among the subsidies given to the diverse national institutions based in Paris, and between these subsidies and those given to equivalent institutions in the suburbs and provinces, as such disparities call into question the very idea of decentralization (Declaration of Villeurbanne)

Cultural actors are faced with the rise of urbanization and loss of impetus of national cultural policies, in terms of artistic production and cultural dissemination alike. This is reflected in the issue of cultural municipalization from the 1970s, as shown in the Rencontres d’Avignon held from 1964 to 1970 chaired by Jean Vilar, with themes like “Cultural policy in cities” (1967) and “Cultural policy in seven cities” (1969).

Some key terms or concepts thus became essential to the construction and depiction of professional identities and cultural activities: “Cultural democratization”, “regional planning”, “ecological transition”, “cultural development”, “Agenda 21 for culture”, among others. These labels, some of whose origins date back to the 1960s, echo those that are now firmly established in describing new urban dynamics and cultural policies: “Global city”, “Intercultural city”, “Creative cluster” and “Participatory city”. But these terms also cause tensions: dismissed by cultural actors, imposed by the State or demanded by local authorities, they reveal the balance of power between actors of cultural action since 1970.

This topic area will involve identifying new intervention methods and the positioning of actors, not just with a globalized, generic approach and rationale in the current context of internationalization and industrialization of the artistic and cultural sectors, but also in their territorialization(s).

  1. Formal frameworks and leading figures in cultural action: (re)forms, pathways and omissions

For Jacques Rancière (2004), politics is the moment you begin to account for the uncounted, in other words entering instituting frameworks, classifications and concepts, correct expressions, to turn them into criticisms (Farge, 1992). By which mechanisms and via which pathways through time and space do cultural policies form the place of cultural politicization, or is it the opposite, do they hinder it?

The document Declaration of Villeurbanne – far from being smooth and consistent – leaves room for multiple interpretations that echo the not always compatible positions of those who produced it. This constitutive ambivalence has not hindered the widespread distribution of the document and (some of) its proposals. Some statements taken from the Declaration stand out and circulate like “formulas” (Krieg- Planque, 2009), gradually relieving the text of its local anchorage and political force in favor of rhetoric and stories whose origins have been forgotten. But at the same time, the text is mentioned regularly and referred to as a foundational moment (Schlanger, 1992) that reiterated or reconstructed origins and filiation.

This topic area will involve considering the materiality of pathways that shape and influence cultural practices, policies and productions, between political lines and programs suggested “from above” and grassroots interactions, and between long-term discussions and occasional meetings. These pathways form through quotes, repetitions or more or less faithful and explicit reinterpretations, which may benefit from discourse analysis. They also form through sorts of practice framing and schemes and models that discretely insinuate themselves into cultural action: for example, the overrating of quantitative indicators in assessment processes for cultural projects; project management tools like the “logical framework matrix"; or program procedures funded by the European Union (Creative Europe for transnational cultural projects or Erasmus + for artist mobility).

Submission requirements

Proposals are to be uploaded in pdf format to the platform: policult68.sciencesconf.org/

Proposals must comprise: a title (in French and English), an abstract (in French or English) of 7,000 characters including spaces (Times 12 pt), mentioning the issue, scope of the investigation, methodology and main conclusions drawn. A few bibliographical references should also be added, together with five keywords.

Proposal submission deadline: July 15, 2018 at 12 p.m.

Notice to authors: September 15, 2018

All proposals will undergo double-blind assessment by an international scientific committee.

Scientific Committee

  • Anouk Bélanger (Université du Québec à Montréal) Julia Bonaccorsi (Université Lyon 2)
  • Jacques Bonniel (Centre Max Weber, UniversitéLyon 2)
  • Sarah Cordonnier (Université Lyon 2)
  • Jean Davallon (Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse)
  • Damien Darcis (University of Mons) Nancy Delhalle (University of Liège)
  • Milena Dragicevic Secic (University of Arts in Belgrade) Isabelle Garcin-Marrou (Sciences Po Lyon)
  • Bérénice Hamidi-Kim (UniversitéLyon 2)
  • Jeremy Hamers (University of Liège) Yves Jeanneret (Sorbonne University) Camille Jutant (Université Lyon 2)
  • Visnja Kisic (University of Arts in Belgrade)
  • Michel Kneubhüler (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication)
  • Joëlle Le Marec (Sorbonne University)
  • Jason Luckerhoff (Université du Québec à Trois-Rivières) Katharina Niemeyer (Université du Québec à Montréal) François Provenzano (University of Liège)
  • Guy Saez (CNRS, PACTE)
  • Cécile Tardy (Université de Lille)
  • Goran Tomka (University of Tourism of Novi Sad) Daniel Urrutiaguer (Université Lyon 2)

Symposium Organization Committee

  • Julia Bonaccorsi (ELICO, Université Lyon 2) Jacques Bonniel (Centre Max Weber,Lyon 2)
  • Sarah Cordonnier (ELICO, Université Lyon 2) Camille Jutant (ELICO, Université Lyon 2)
  • Michel Kneubhüler (Comité d’Histoire du Ministère de la Culture et de la Communication)

Information: policult68@sciencesconf.org

Venues for the symposium: Université Lumière Lyon 2 and Théâtre National Populaire, Villeurbanne

References

Bonaccorsi Julia, “The Role of the Term Non-public in Ordering Cultural Initiatives: Analysis of the Modalities of the Term Non-public in Public Sector Literacy Initiatives”, in Looking For Non-publics, Luckerhoff Jason, Jacobi Daniel (dir.), Presses de l’Université du Québec, 2012, p. 7-26

Delhalle Nancy, Vers un Théâtre Politique, Le Cri, Bruxelles, 2006

Delhalle Nancy, Théâtre dans la mondialisation. Communauté et utopie sur les scènes contemporaines, PUL, Lyon, 2017

Farge Arlette Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIesiècle. Le Seuil, Paris, 2013.

Ghebaur Cosmina, “C’est pas pour nous normalement”. La médiation culturelle et les non-publics”,

Tumultes, 42, 2014

Jeanson Francis, “La Réunion de Villeurbanne”, in La Décentralisation Théâtrale, 2., Les Années Malraux, 1959-1968, Actes-Sud Papiers, coll. Théâtre, éducation, cahiers n° 6, Arles, 1993

Krieg-Planque Alice, La notion de ‘formule’ en analyse du discours: Cadre théorique et méthodologique, Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 2009

Le Marec Joëlle, Publics et musées: La confiance éprouvée, L’Harmattan, Paris, 2007

Madral Philippe, Le théâtre hors les murs. Six animateurs et trois élus municipaux nous parlent, Seuil Coll. Théâtre, 1969

Menger Pierre-Michel, Profession artiste. Extension du domaine de la création, Textuel, Paris, 2005 Rancière Jacques, Aux bords du politique, Gallimard, Paris, 2004

Rancière Jacques, Le spectateur émancipé, La Fabrique, Paris, 2008

Schlanger Judith, “Fondation, nouveauté, limite, mémoire”, Communications n° 54, 1992, p. 289-298 Saez Guy, “L’être collectif du peuple à l’épreuve du projet d’un théâtre national populaire de Wagner”, SociologieS, 2017

Places

  • Université Lumière Lyon 2, Théâtre National Populaire de Villeurbanne
    Lyon, France (69)

Date(s)

  • dimanche, juillet 15, 2018

Keywords

  • moral, ordre social, politique culturelle

Information source

  • Sarah Cordonnier
    courriel : sarah [dot] cordonnier [at] univ-lyon2 [dot] fr

To cite this announcement

« Cultural policies and social order (1968–2018) », Call for papers, Calenda, Published on lundi, mai 28, 2018, https://calenda-formation.labocleo.org/442418

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search