AccueilLes financiers et la construction de l'État en France et en Espagne du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle
Publié le mardi 12 mai 2009
Résumé
Annonce
Nombre de travaux ont décrit l’évolution de la monarchie vers une « gestion exécutive » (Michel Antoine) en France et en Espagne au XVIIIe siècle, voire depuis le derniers tiers du XVIIe siècle, puis la mise en place, avec des rythmes différents, d’une administration qui préfère l’exécution à la négociation et qui fait la part belle aux ministres et aux secrétaires d’État, à la carrière et à la compétence, et relègue au second plan le gouvernement collégial et les juristes. Dans ce processus, qui engage des conceptions nouvelles de l’État et de la souveraineté, l’accent a été mis sur le rôle central des finances : elles font l’objet de réformes qui transforment profondément les relations entre l’État, ses administrateurs, et les sujets ou les citoyens, mais en outre, souvent, les réformes entreprises dans l’administration des finances sont apparues comme un modèle pour d’autres secteurs de l’administration. Le réformisme administratif a alors pu, dans certains cas, se transformer en projet politique. Si le changement institutionnel paraît bien connu, nous en savons beaucoup moins sur la culture politique des acteurs qui l’ont mis en œuvre.
Des monographies consacrées à tel ministre ou à telle famille de financiers, ainsi que des travaux de prosopographie relatifs à des secteurs particuliers de l’administration des finances, laissent deviner l’espace occupé par les gens de finance dans l’administration – pas seulement financière – mais aucun bilan n’en a été dressé. Il est plus rare encore, à quelques exceptions remarquables près, que l’on s’intéresse au travail quotidien de ces financiers et, partant, à leur culture politico-administrative. En somme, si nous pressentons l’importance du rôle des financiers dans les changements politiques, nous la connaissons mal. Nous relevons des similitudes et des différences entre la France et l’Espagne, mais on ne saurait envisager de véritables comparaisons.
Ce déficit, qui tient sans doute au fait que les financiers ne constituent pas un corps aussi facile à circonscrire que celui des ingénieurs ou des militaires et que, plus que d’autres, ils sont à la fois dans et hors de l’administration, demande à être comblé collectivement. Plusieurs questions sont en suspens : Quelle place occupent les financiers dans l’administration (financière ou pas) et sur ses marges ? Quelles évolutions peut-on observer ici ? Se reconnaissent-ils comme un groupe à part et sont-ils perçus comme tels ? Ont-ils une conception originale de ce que doit être l’administration (ses tâches, ses objectifs, ses façons de travailler) et, partant, de l’État ? Travaillent-ils séparément, voire en conflit avec une administration plus « traditionnelle », ou faut-il nuancer l’opposition pour comprendre comment les réformes ont pu s’installer et, tant bien que mal, fonctionner ? Est-ce que ce qui serait un modèle politico-administratif porté par les financiers s’impose à d’autres secteurs de l’administration que celle des finances ? Enfin, de nouvelles conceptions et pratiques de l’administration sous tendent-elles de véritables projets politiques ? En d’autres termes, quelles relations réciproques existe-t-il entre les modes de gestion de l’État et les modèles et les pratiques politiques ?
L’ambition de ce colloque est de contribuer, à travers le cas des financiers, à la compréhension des transformations politiques que connaissent la France et l’Espagne entre le milieu du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Ce choix chronologique qui ignore la séparation habituelle entre l’histoire moderne et l’histoire contemporaine fait la part belle aux périodes de transition qui constituent des moments privilégiés d'observation des processus à l'œuvre.
PROGRAMME
Jeudi 14 mai
14 h : Ouverture : Philippe Bourdin, directeur du CHEC
14 h 15 : Première session : Ministres et administrateurs
Présidence : Mireille Touzery
Álvarez Nogal Carlos, Universidad Carlos III: Le rôle des facteurs et de la factorerie générale du roi dans la monarchie espagnole au milieu du XVIIe siècle
Claeys Thierry, Centre Roland Mousnier, Paris IV: Le contrôleur général des finances : les faux-semblants d'un pouvoir
Dubet Anne, Université Blaise Pascal / Centre d’Histoire “Espaces et Cultures”: L’affaire Fernando Verdes Montenegro (1724-1728) : procès d’un mauvais ministre ou procès d’un trésorier fraudeur ?
Mercier Benjamin, Université de Paris-Sorbonne : Jean de Boullongne et Étienne de Silhouette (1757-1759) : vers un nouveau type de contrôleurs généraux des finances
vendredi 15 mai
8 h 30 : Deuxième session : Les gens d’affaires dans l’administration royale
Présidence : Françoise Bayard
Dedieu Jean-Pierre, Larha-CNRS : Groupes financiers au service de la Monarchie espagnole. Fin XVIIe-début XVIIIe siècle. Une analyse relationnelle
Sanz Ayán Carmen, Real Academia de la Historia / Universidad Complutense, Madrid : Les affaires, la culture et l´opportunité dans la construction d’un lignage : le Marquis de Santiago pendant la Guerre de Succession d’Espagne
Félix Joël, Université de Reading : Les financiers et la crise du crédit au milieu du XVIIIe siècle
10 h 30 : pause café
Luis Jean-Philippe, Université Blaise Pascal / Centre d’Histoire “Espaces et Cultures” : Les fonctionnaires des finances espagnoles à la recherche d'argent frais : l'apprentissage des marchés boursiers dans l'Europe de la première moitie du XIXe siècle
11 h : Troisième session /01 : L’administration des finances dans l’Etat.
Présidence : Bernard Dompnier
Torres Sánchez Rafael, Universidad de Navarra : La militarisation des finances royales. Les trésoreries de l’armée durant le règne de Charles III
14 h 30 : Troisième session /02 : L’administration des finances dans l’Etat
Bertrand Michel, Université Toulouse-Le Mirail : Les réformes administratives dans la Nouvelle-Espagne du XVIIIè siècle : le regard critique d’un professionnel
Kott Sébastien, Université Paris X-Nanterre : Restaurer la monarchie et restaurer les finances en France : 1815-1848
15h30 : Quatrième session. Discussion : existe-t-il une culture des financiers ?
Aucun exposé n’est prévu au cours de cette session pendant laquelle nous voudrions pouvoir faire le point ensemble sur la contribution du colloque à cette réflexion et sur les voies qu’il serait souhaitable de cultiver pour approfondir cette recherche
17h-17h30 : Conclusions : Anne Dubet et Jean-Philipe Luis
Catégories
- Histoire (Catégorie principale)
- Périodes > Époque contemporaine > XIXe siècle
- Périodes > Époque moderne > XVIIe siècle
- Espaces > Europe > France
- Sociétés > Économie
- Sociétés > Études du politique
- Espaces > Europe > Péninsule ibérique
Lieux
- Maison des Sciences de l'Homme, Salle 220
Clermont-Ferrand, France
Dates
- jeudi 14 mai 2009
- vendredi 15 mai 2009
Fichiers attachés
Mots-clés
- fianciers, construction de l'État
Contacts
- Anne Dubet
courriel : anne [dot] dubet [at] univ-bpclermont [dot] fr - Jean-Philippe Luis
courriel : j-philippe [dot] luis [at] uca [dot] fr
Source de l'information
- Guillaume Tatti
courriel : chec [at] univ-bpclermont [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Les financiers et la construction de l'État en France et en Espagne du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle », Colloque, Calenda, Publié le mardi 12 mai 2009, https://calenda-formation.labocleo.org/197176

