Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales
Appel à contributionSociologie
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Publié le lundi 07 janvier 2013
Résumé
Annonce
Comment se fait-il qu’en règle générale – et de façon étonnante – la coexistence humaine fonctionne sans heurts, qu’elle ne tombe pas dans le chaos et l’anomie ? Une réponse simple vient à l’esprit : l’ordre social – autrement dit : la société – est rendu possible par des institutions qui enregistrent des systèmes de sens et de valeurs supra-individuels, fixent les attentes et les actions de tous les acteurs sociaux et constituent ainsi des normes de comportements. Sans institutions, point d’ordre social ni de durée historique. Toutefois, l’analyse scrupuleuse ne peut se contenter d’examiner les institutions en tant qu’organisations formelles monolithiques, mais doit poser la question de « l’institutionnalité », des mécanismes institutionnels qui produisent des normes sociales communément acceptées, et donc du sens et de la durée. Ces normes sociales se caractérisent par le fait qu’elles se présentent comme évidentes, durables (voire immuables) et incontestées. Le chercheur ne doit pas s’en tenir à cette apparence première, ces normes constituant en fait généralement des constructions culturelles précaires et controversées. En effet, les ordres institutionnels ne demeurent jamais longtemps incontestés ; ils nécessitent des processus constants de refondation sociale et de relégitimation.
Comment l’ordre social est-il donc possible, qu’est ce qui assure la cohésion d’une société ? Des générations de chercheurs en sciences sociales et culturelles ont tenté de répondre à cette question. Celle-ci se pose avec une acuité nouvelle quand les modèles sociaux entrent en crise, d’où son succès retentissant aujourd’hui. Si la thématique de la « complexité » inhérente à la modernité fait partie du répertoire classique des diagnostics du présent, la remise en cause de ce qui faisait figure de certitudes a atteint une intensité sans précédent au tournant du millénaire. La fin de la division de l’Europe a mis au jour l’émergence de la mondialisation ; l’ascension fulgurante des pays asiatiques dans le domaine économico-politique a ébranlé les configurations politiques traditionnelles occidentales ainsi que les grands discours qui leur étaient associés. Au vu du poids économique d’Etats autoritaires tels que la Chine, le progrès mondial de la démocratie et des droits de l’homme a perdu son caractère d’évidence ; les modèles de politique participative, notamment, semblent livrés à eux-mêmes face à l’hyperpuissance de marchés dont les dernières crises économiques ont démontré l’opacité. La promesse faite lors du « printemps arabe » de contribuer à l’établissement de principes démocratiques et constitutionnels en Orient s’est avérée une illusion. Les certitudes anciennes sont également mises à mal par des évolutions internes à la société, telles que l’indifférence politique et un développement démographique qui menace de conduire à l’érosion de l’Etat social. Ces deux phénomènes engendrent une hétérogénéité culturelle croissante, qui trouve son expression dans les migrations et la xénophobie.
Les débats que mènent les sciences sociales et culturelles sur la stabilité sociale révèlent qu’à la faveur de ce climat d’incertitude généralisée, des modèles interprétatifs et structurels anciens et connus suscitent aujourd’hui un regain d’intérêt. « Le retour du religieux » donne lieu par exemple à des discussions passionnées. S’agit-il d’une renaissance quasi inévitable, dans la mesure où les sociétés occidentales, privées d’un tel fondement, se verraient menacées de disparaître ? C’est du moins ce que suggèrent les théories classiques (de Carl Schmitt notamment : « Tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l’Etat sont des concepts théologiques sécularisés ») ou le célèbre « paradoxe de Böckenförde » (« L’Etat libéral sécularisé vit de présupposés qu’il ne peut pas garantir »). Ces thèses renvoient cependant, par-delà la religion au sens strict, à l’ensemble des discours et des pratiques « insondables » pour les acteurs sociaux, des manifestations de la théologie politique, de la religion civile aux succédanés de religion tels que le sport. Une tout autre forme de réaction face aux bouleversements et aux ébranlements de la culture occidentale est à trouver dans les théories politiques et sociales qui culminent dans le concept de « société civile ». Elles convoquent des traditions et des programmes prônant l’autonomie, la capacité d’action et l’émancipation d’une « société de citoyens » active (R. Dahrendorf). Elles critiquent en outre la nature destructrice d’un individualisme atomisé et l’intrusion de l’économie capitaliste dans tous les milieux de vie, faisant ainsi naître l’espoir de donner davantage de sens et de cohésion à la société. Il va de soi qu’outre ces deux instances sociales régulatrices, d’autres puissances organisatrices, qui leur sont associées, font l’objet de débats, telles que le droit, institution contraignante censée domestiquer les conflits, ou encore la vision d’une société de simples citoyens interconnectés via internet.
De tels discours font preuve de positions ambiguës quant à l’ordre à fonder, dans la mesure où tous s’avèrent plus ou moins porteurs de désordre, d’anomie et de conflictualité. Cette contradiction entre lien social et destructivité sociale s’exprime de façon criante dans le domaine de la religion. La faculté de la religion à créer un sens s’oppose en effet à son potentiel destructeur, reposant sur sa prétention hégémonique à détenir l’unique interprétation valable de l’univers. Cas extrême, le fondamentalisme affirme que l’unité de l’ordre religieux et de l’ordre sociopolitique est indispensable. A l’inverse, la société civile se voit reprocher de ne répondre aux déficits fonctionnels et financiers de l’Etat dans les domaines de l’aide social, de la sécurité et de la culture que par des compensations rhétoriques et d’insuffisants palliatifs.
C’est ici que s’amorce la réflexion de l’université d’été. Comment analyser l’émergence des sociétés ? Lesquels des liens sociaux suscitent un intérêt particulier de la part de la recherche et de l’opinion publique ? Les concepts et théories évoqués sont-ils nouveaux, sur quelles traditions se fondent-ils ? Est-il pertinent de faire appel à certains faits historiques dans une perspective comparative ou l’époque actuelle se distingue-t-elle véritablement par son incomparable « complexité » ? Quelles possibilités d’action offrent les représentations étudiées aux individus et aux groupes ? Peuvent-ils exercer une action directe sur l’ordre social et « faire société » ou sont-ils pris dans les rouages des grandes structures et des processus imposés par les liens sociaux ? Et enfin, quels effets produisent ces forces, qui bien que garantes de cohésion, déstabilisent la permanence sociale incarnée par les institutions ?
Ces questions abstraites et complexes seront appliquées à divers champs thématiques et conceptuels et examinées à la lumière de différents exemples.
1) Religion, religion civile, religion de substitution – sécularisation, fondamentalisme
Le débat qui entoure le caractère « insondable » des racines du fait social remonte au moins à J. J. Rousseau, qui dans son Contrat social définissait la « religion civile » comme le fondement religieux minimal de la société moderne. Deux formes possibles de légitimation des ordres sociaux et politiques sont ici à distinguer : leur « sacralisation » par des « religions politiques » d’une part ; leur rattachement à des légendes originelles et génétiques (mythes de fondation, généalogies) dans le cadre d’une « théologie politique » d’autre part. Mais le champ sémantique du religieux s’étend bien au-delà, à l’instar du concept de « Kunstreligion », sublimation de l’art opérée par la médiation de l’esthétique. L’emploi actuel d’expressions telles que le « culte du corps » employées par les centres de remise en forme, ou les « religions de substitution », comme le football qui dispose de ses propres temples (les stades), de rituels, de chants et de « dieux », illustre bien jusqu’où peuvent aller les analogies fonctionnelles et symboliques. Est-il légitime de parler de « religions de substitution » ? Quels phénomènes cette dénomination recouvre-t-elle ? Et dans quelle mesure contribuent-ils à unir la société – à moins qu’ils ne soient plutôt des diviseurs, facteurs d’individualisme et de violence ?
Le « grand récit » de la sécularisation à l’ère de la modernité fait l’objet d’une remise en question crois- sante. Etant donnée la forte expansion des différentes églises chrétiennes sur les autres continents, la déchristianisation européenne fait plutôt figure d’exception mondiale, bien que les formes plus libres de religiosité et de spiritualité en dehors des églises établies en Europe suscitent également des interrogations. Dans le même temps, l’influence du fondamentalisme religieux gagne du terrain dans plusieurs régions du monde. Le point de vue occidental voit dans l’islam la principale source du fondamentalisme religieux et défend sa propre identité majoritairement laïque. La controverse autour des caricatures de Mahomet éclaire de façon emblématique l’entremêlement de la religion, du droit et de l’identité culturelle. Doit-on donner raison à l’opposition simple et répandue, selon laquelle seul un « islam éclairé », variante formée sur le modèle occidental, promet de mettre un terme à cette confrontation ? Ou est-ce que le regard que portent l’histoire et les sciences culturelles sur une culture étrangère et/ou sur sa propre culture ouvre des perspectives nouvelles, à la manière des thèses de T. Bauer sur la « tolérance de l’ambigüité » de l’islam classique ?
2) Grands récits laïcs du lien social
Hors du domaine religieux aussi, nombre de grands récits entendent saisir le cœur des mécanismes de l’harmonie sociale ou les moyens de les améliorer. Il est fréquent qu’ils révèlent clairement la tension entre lien social et anomie sociale. Depuis A. Smith, la théorie de la main invisible du marché (et donc celle de l’Etat dans un rôle de veilleur de nuit) représente un fondement incontournable de la pensée traditionnelle européenne ; jusqu’à nos jours, la croyance dans les « pouvoirs thaumaturges » du marché libre demeure omniprésente. Dans la période actuelle, marquée par la spéculation monétaire et les marchés à terme, y compris en ce qui concerne l’alimentation, qui accentuent probablement la faim dans le monde, de nombreuses voix s’élèvent pour condamner cette foi dans le marché. Que la catégorie économique centrale de la « confiance » joue actuellement un grand rôle dans le dé- bat public ne relève pas non plus du hasard.
Si le marxisme, dont les traits quasi religieux ont été identifiés assez tôt, a longtemps agi en « contre- récit » puissant, il a connu une perte de légitimité sans précédent - aujourd’hui se pose toutefois la question d’une éventuelle inversion de cette tendance. Le grand récit du progrès semble quant à lui s’être mieux maintenu, sa souplesse lui permettant de s’adapter aux changements historiques. L’hypothèse d’un progrès scientiste et technique est la seule à avoir été affectée par Tchernobyl et Fukushima, du moins dans les sociétés occidentales. Dans ce contexte, le progrès « écologique » peut être amené à monter en puissance, même si les effets indésirables des technologies environnementales (hausses d’impôts, monocultures agricoles, etc.) jettent une ombre au tableau. Certains détracteurs voient en outre dans les bénédictions de la conscience écologique moderne la possible émergence d’une dictature écologiste, dans laquelle les gardiens d’immeubles surveilleraient l’exécution du tri sélectif. Enfin, le récit de l’universalisme et du progrès des droits de l’homme n’a rien perdu de sa force à l’échelle internationale. A quel point ces grands récits et d’autres récits similaires sont-ils pertinents dans les sociétés présentes et passées ? Dans quelle mesure sont-ils à même de fournir des points de repères communs aux sociétés ?
3) Récits génétiques entre inclusion et exclusion
Les récits génétiques tels que les mythes de l’origine ou les récits de fondation ont toujours représenté un liant social puissant. Ils fondent l’identité commune de familles et de petits groupes, allant jusqu’aux villes, régions et Etats. Loin d’être obsolète aujourd’hui, la « nation » a longtemps constitué la principale référence commune. Il a semblé ensuite que la « maison commune européenne » pourrait prendre le pas sur les nations et même un jour les remplacer. Le débat sur l’adhésion de la Turquie et le refoulement des réfugiés du Tiers-Monde aux frontières de l’Union Européenne ont néanmoins montré que l’unification européenne ne procède pas uniquement d’une dynamique d’inclusion, à l’instar des réussi- tes étonnantes de l’amitié franco-allemande, mais repose aussi sur des mouvements d’exclusion.
Il est aujourd’hui légitime de se demander si on n’assiste pas, dans le contexte de la crise de l’euro, à une renaissance des nations. Les tendances séparatistes en Ecosse, en Catalogne ou en Italie du Nord révèlent cependant qu’en-deçà de l’échelle nationale, les communautés régionales revendiquent la gestion autonome de leur destin politique. Ces communautés aussi se fondent sur des récits génétiques communs, dessinant une frontière stricte entre elles et les autres par la stigmatisation des « parasites » et autres « exploiteurs ». Ces mouvements de séparation font-ils partie intégrante du lien social, qui repose sur une origine commune ? Quel rôle revient du reste à l’histoire et à son interprétation controversée dans la création de mythes des origines ?
4) Les promesses de la société civile – du village global au réseau mondial
Ce raisonnement veut que lorsque la société se retrouve privée des fondements qui la soutiennent et l’orientent, la « société de citoyens » prenne son destin en main. Les citoyens doivent dépasser leurs intérêts particuliers par l’engagement bénévole, les fondations et la participation politique, mobilisant ainsi un sens commun. Ces promesses ont connu un grand retentissement au lendemain de l’effondrement du bloc de l’Est: les protestations massives à l’Est de l’Europe semblaient annonciatrices d’une émancipation et d’une volonté d’action de la société civile. Récemment, le printemps arabe » a une fois de plus ravivé les espoirs suscités par l’attractivité du modèle de la société civile. Après une brève phase de protestations massives, sont apparus des valeurs et des intérêts très divergents, sou- vent sans rapport avec le bien commun ou l’idéal de la société civile, provoquant une désillusion de plus. Quelles perspectives s’offrent aujourd’hui aux représentations de la société civile ? Relève-t-elle uniquement de slogans idéalistes dénués de réalité sociale ou s’inscrit-elle dans l’histoire et les structures sociales profondes ?
Le diagnostic de la crise propre à la modernité comporte l’observation d’une forte individuation de l’homme contemporain, de l’érosion des liants sociaux que figurent la famille et de petites entités (« bowling alone »). L’internaute assis seul devant son ordinateur livre l’incarnation la plus parfaite de cette tendance. Cette image éveille en outre des associations antagonistes, telles la mise en réseau mondiale, une communication reposant sur une condensation inédite de l’espace-temps, la multiplication de relations sociales sur internet (« amitiés » Facebook), qui transforme le monde en village global. La société civile trouve-t-elle bel et bien en internet son appui le plus solide, comme le suggèrent l’importance du web pour les protestations arabes ou les aspirations du Parti Pirate à la transparence et à la participation ?
5) Nouvelles formes sociales
L’ordre genré bipolaire et la famille – qualifiée de « cellule de base » de l’Etat, de la société ou de la vie selon l’orientation politico-idéologique – ont aussi longtemps fait figure des fondements insondables du fait social. Ces liants sociaux apparemment évidents aussi font actuellement l’objet d’une remise en cause, dont le potentiel d’émancipation initial débouche désormais souvent sur de purs discours de légitimation. L’objectif poursuivi n’est plus la critique de la société, mais la parité sanctionnée juridiquement dans le domaine fiscal ou professionnel. Il en résulte des appréciations ambivalentes : si pour certains le mariage homosexuel personnifie une société devenue étrangère à ces valeurs originel- les (en d’autres termes: à ses garanties durables de cohésion), d’autres y voient l’imitation naïve de traditions conservatrices ; les femmes qui aspirent à occuper des postes de direction se voient à la fois reprocher de faire passer leur carrière avant leur famille et de perpétuer, par leur ascension dans la hiérarchie, des structures de domination prédéterminées par les hommes.
Ces jugements font oublier que des thèmes tels que la parité hommes-femmes en entreprises, le salaire parental, l’égalité d’accès des couples de même sexe au mariage et à l’adoption dissimulent des transformations profondes des modes de vie : foyers monoparentaux, mères et pères célibataires, familles recomposées ou enfants confiés à plusieurs parents « sociaux » témoignent de nouvelles for- mes de vie dans l’entourage familial. Les réseaux de soins informels (créés pendant l’épidémie de VIH, ils trouvent aujourd’hui des prolongements, dans les colocations du troisième âge par exemple), les grandes communautés de vie internationales (comme les cités écologiques ou le « cohousing ») ou les systèmes d’échange ou monnaies communautaires (« Tauschringe » ou « SEL ») livrent autant d’exemples de nouvelles formes de vie collective unies par des convictions communes (écologie, création d’un ordre économique juste), s’inspirant de modèles historiques (communauté monacale, kibboutz). Reste à savoir toutefois si cette pluralisation rapide et cette dissolution des normes réglant les modes de vie – ressenties par certains comme des facteurs de risque d’atomisation de la société – peuvent s’accorder avec la nécessité de donner des fondements rassembleurs à l’ordre social, à même d’inclure et d’intégrer ceux qui – pour des raisons culturelles, religieuses ou autres – optent pour des modes de vie traditionnels.
6) Le processus de civilisation et la violence mondiale
La sécurité physique et sociale est un des prérequis de l’ordre social ; de même que la promesse d’une sécurité croissante dans tous les domaines est l’un des grands récits sociaux de la modernité. Il n’empêche que la thèse d’un pouvoir progressivement civilisé paraît bâtie sur des fondations mouvantes. De nombreux historiens continuent de soutenir qu’un recul de la violence s’est opéré jusqu’à nos jours, renvoyant à un prétendu processus de civilisation (N. Elias). Pourtant, ni la faculté de l’Etat à conserver le monopole de la violence – et à l’exercer efficacement – ni la thèse d’un processus de civilisation ne vont de soi aujourd’hui. Le « retour de la barbarie » observé pendant la guerre de Yougoslavie, les mutations du crime organisé ou la perpétration d’attentats terroristes (11 septembre 2001, Madrid, Londres) sont autant de motifs de doute. Les mégapoles du XXIème siècle abritent des foyers de violence, et les récentes éruptions de violence dans les banlieues de métropoles européennes comme Paris et Londres ont mis en évidence les lignes de fractures sociales qui les traversent.
En d’autres points du globe, l’omniprésence médiatique de la violence conforte un sentiment d’ « insécurité », qui peut être dissocié de la violence vécue. A l’inverse, le renforcement des politiques sécuritaires soulève inlassablement la question de la menace des droits civiques et des libertés.
Déroulement et candidature
Au total, 24 jeunes chercheurs (douze auteurs et douze commentateurs) seront retenus et répartis en binômes. Chaque auteur(e) soumettra par écrit un papier qui sera présenté et commenté dans une communication orale par un(e) commentateur/-trice. Les binômes (auteur/ commentateur) seront formés préalablement par le jury de sélection. Chaque session thématique sera ouverte par la communication d’un chercheur confirmé.
L’accent sera mis sur le travail en équipes interdisciplinaires. Les thématiques proposées doivent permettre de représenter un spectre de disciplines le plus large possible. Les auteurs en particulier, mais aussi les commentateurs, sont priés de tenir compte du caractère interdisciplinaire du séminaire lors de la préparation de leur texte.
Une demi-journée sera consacrée à des séances de travail en petits groupes permettant d’approfondir des questions qui auront émergé lors des discussions et seront restées en suspens lors des sessions thématiques.
Les auteurs :
Les candidat(e)s « auteurs » sont, dans un premier temps, invité(e)s à présenter, à partir de leurs travaux personnels, un projet de texte (3000 signes espaces compris) abordant l’une des thématiques des six sessions. Ce projet de communication doit être envoyé par la poste avant le 17 février 2013 accompagné d’un CV académique et un bref résumé des travaux de recherche (3000 signes espaces compris).
Les auteurs sélectionnés par le comité scientifique devront ensuite transmettre, avant le 20 mai 2013, une communication (40 000 signes espaces compris) qui sera mise en ligne sur l’espace collaboratif du CIERA et accessible à tous les participants du séminaire.
N.B. : Lors du séminaire, les communications des auteurs ne seront pas présentées par eux-mêmes, mais analysées et discutées par des commentateurs !
Les commentateurs :
Les candidate(e)s « commentateurs » peuvent se présenter en envoyant seulement un curriculum vitae académique et un résumé de leur projet de recherche (3000 signes espaces compris) avant le 17 février 2013.
Les commentateurs sont chargés de présenter et discuter les textes de certains de leurs collègues. Les textes à commenter leur seront transmis au début du mois de juin 2013. Le commentaire durera 15 minutes et sera suivi de 30 minutes de discussion. Il ne s’agit pas de faire un résumé du texte, mais d’en extraire des interrogations permettant d’approfondir par le dialogue avec l’ensemble du groupe les thèses proposées.
Afin de croiser au mieux les approches scientifiques et de garantir ainsi le caractère interdisciplinaire du séminaire, les commentateurs seront invités à commenter un texte qui ne s’inscrit pas nécessairement dans leur discipline.
Candidature
Vous pouvez choisir de candidater en tant qu’auteur ou/et en tant que commentateur.
La procédure de candidature s’opère en 2 étapes :
1ère étape : Effectuer la demande en ligne en remplissant les 2 formulaires ci-dessous :
- Enregistrement de la demande et renseignements personnels
- Renseignements sur votre projet pour le séminaire
2ème étape : Envoyer par la poste un dossier de candidature comprenant les documents suivants :
Pour les candidat(e)s "Auteurs" :
- un curriculum vitae académique
- une présentation du projet de recherche ou de formation (3000 signes espaces compris)
- un résumé de la proposition de texte (3000 signes espaces compris).
Pour les candidat(e)s "Commentateurs" :
- un curriculum vitae académique
- une présentation du projet de recherche ou de formation (3000 signes espaces compris).
Le dossier ne doit être ni relié, ni agrafé et adressé par la poste à Michael Werner (à l’attention de Virginie Ransinan).
Date du séminaire : 10-14 septembre 2013
Date limite d’envoi des dossiers : 17 février 2013
Frais de participation : 50 € (frais d’inscription et participation aux repas) à régler au mois de juin Les frais de voyage (train 2e classe ou avion billet tarif réduit) et de séjour sont pris en charge selon les modalités du règlement financier du CIERA.
Comité scientifique :
Falk BRETSCHNEIDER (EHESS), Beate COLLET (Université Paris-Sorbonne), Gernot KAMECKE (TU Dresden), Jay ROWELL (Université de Strasbourg), Evelyne LAGRANGE (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Gerd SCHWERHOFF (TU Dresden), Hans VORLÄNDER (TU Dresden), Michael WERNER (EHESS/CIERA)
Contact et informations :
Virginie Ransinan
CIERA
Maison de la recherche
28 rue Serpente
75006 Paris
Email : ransinan@ciera.fr
Tel. : 01 53 10 57 37
Wie kommt es, dass menschliches Zusammenleben in der Regel – erstaunlicherweise! – einigermaßen reibungslos funktioniert, dass es nicht in Chaos und Anomie versinkt? Die zunächst ebenso einfache Antwort lautet: Soziale Ordnung – mit anderen Worten: Gesellschaft – wird durch Institutionen ermöglicht, die überindividuelle Sinn- und Wertvorstellungen speichern, Erwartungen und Handlungen aller Akteure verstetigen und so Verhaltenssicherheit geben. Ohne Institutionen gibt es keine soziale Ordnung und keine historische Dauer. Dabei fragt die institutionelle Analyse mit Bedacht nicht lediglich nach Institutionen im Sinne von festgefügten, formalen Organisationen, sondern nach Institutionalität bzw. nach institutionellen Mechanismen, die soziale Geltungsbehauptungen und damit Dauer und Ordnung produzieren. Zur Eigenart dieser Geltungsbehauptungen gehört es, sich selbst als selbstverständlich, als dauerhaft (nicht selten als ewig) und als unumstritten zu stilisieren. Der wissenschaftliche Beobachter darf dieser Selbstbeschreibung nicht aufsitzen, denn in der Regel handelt es sich bei diesen Geltungsbehauptungen um prekäre und umstrittene kulturelle Konstrukte. Tatsächlich sind institutionelle Ordnungen selten über längere Zeit unangefochten, stets müssen sie immer wieder aufs Neue sozial hergestellt und plausibilisiert werden.
Wie ist soziale Ordnung also möglich, was hält eine Gesellschaft zusammen? Generationen von Gesellschafts- und Kulturwissenschaftlern haben immer wieder neue Anläufe zur Beantwortung dieser Frage gemacht. Besonders virulent wird sie, wenn gesellschaftliche Ordnungsmuster in die Krise geraten. In diesem Sinn hat sie momentan Hochkonjunktur. Zwar gehört die „Unübersichtlichkeit“ der Moderne seit langem zum Standardrepertoire von Gegenwartsdiagnosen. Aber vor und nach der Jahrtausendwende hat doch die Infragestellung vermeintlicher Gewissheiten eine bislang unerreichte Intensität erreicht. Das Ende der Bipolarität Europas brachte den Durchbruch der Globalisierung; mit dem rasanten ökonomisch-politischen Aufstieg asiatischer Länder wurden die traditionellen politischen Konstellationen des Okzidents und die sie begleitenden großen Erzählungen in Frage gestellt. Globaler Fortschritt in Demokratie und Menschenrechten ist angesichts der wirtschaftlichen Bedeutung autoritärer Staatsformen wie China kein Selbstläufer mehr, und gerade partizipatorische Politikmodelle scheinen der Übermacht von undurchschaubaren Märkten, wie die letzten Wirtschaftskrisen zeigen, scheinbar hilflos ausgeliefert. Die Verheißung des „arabischen Frühlings“, auch im Orient demokratischen und rechtsstaatlichen Prinzipien zum Durchbruch zu verhelfen, scheint sich bereits als Illusion zu erweisen. Aber auch innergesellschaftliche Entwicklungen stellen überkommene Gewissheiten in Frage, wie die verbreitete Politikmüdigkeit und eine demographische Entwicklung, die zur Erosion des Sozialstaats zu führen droht. Beide Dimensionen konvergieren in wachsender kultureller Heterogenität durch Migration und Fremdenfeindlichkeit.
In den Debatten der Kultur- und Gesellschaftswissenschaften über soziale Stabilität lässt sich nun beobachten, dass angesichts dieser virulenten Unsicherheiten der Rückgriff auf bekannte Deutungs- und Ordnungsmuster mit einer langen Tradition wieder Konjunktur hat. Intensiv diskutiert wird z. B. die „Wiederkehr des Religiösen“. Handelt es sich hierbei vielleicht um eine fast unausweichliche Renaissance, weil auch westliche Gesellschaften ohne ein derartiges Fundament nicht lebensfähig sind? Das legen z. B. die klassischen Konzepte (etwa von C. Schmitt – „Alle prägnanten Begriffe der modernen Staatslehre sind säkularisierte theologische Begriffe“) oder das bekannte Böckenförde-Paradoxon („Der freiheitliche, säkularisierte Staat lebt von Voraussetzungen, die er selbst nicht garantieren kann“) nahe. Dabei weisen diese Thesen allerdings über die Religion im engeren Sinne hinaus auf alle Diskurse und Praxen, die den Akteuren scheinbar „unverfügbar“ gegenübertreten, etwa auf Formen der politischen Theologie, der Zivilreligion oder gar auf Surrogate der Religion bis hin zum Sport. Eine ganz gegensätzliche Reaktionsform auf die genannten Umbrüche und kulturellen Verunsicherungen stellen jene politischen und sozialtheoretischen Diskurse dar, die im Konzept der „Zivilgesellschaft“ kulminieren. Hier wird auf jene Traditionen und Programme rekurriert, die auf die Autonomie, Handlungsfähigkeit und Selbstermächtigung einer aktiven „Bürgergesellschaft“ (R. Dahrendorf) setzen. Sie kritisiert die Destruktivität eines atomistischen Individualismus und die alle Lebenswelten durchdringenden kapitalistischen Wirtschaftsweise und weckt Hoffnungen auf eine stärkere Generierung von Sinn und Bindekraft für die Gemeinschaft. Natürlich werden neben den genannten Konzepten bzw. mit ihnen verbunden weitere Ordnungspotenzen debattiert, so das Recht als vermeintlich verbindliche Einrichtung zur Domestizierung von Konflikten oder die Vision einer ‚vernetzten‘ Gesellschaft von unten via Internet usw.
Gemeinsam scheint derartigen Konzepten eine tief verwurzelte Ambivalenz in Bezug auf die behauptete Ordnungsstiftung, denn gleichzeitig bergen alle mehr oder weniger große Potentiale zur Stiftung von Unordnung, Anomie und Konfliktualität. Am deutlichsten verkörpert sich dieses Spannungsverhältnis zwischen sozialen Bindungen und sozialer Destruktivität im Bereich der Religion. Ihrer Fähigkeit zur Sinnstiftung steht das destruktive Potential gegenüber, das auf dem hegemonialen Anspruch beruht, allein die Welt richtig auszudeuten. Im fundamentalistischen Extremfall wird dann die Einheit von religiöser und soziopolitischer Ordnung als unabdingbar behauptet. Umgekehrt wird kritisch gegen die Emphase der Zivilgesellschaft eingewandt, es handele sich um bloße rhetorische Kompensationen und Reparaturen für die systematischen staatlichen Funktions- und Finanzdefizite des Staates im Bereich von Wohlfahrt, Sicherheit und Kultur.
Hier setzt die Sommerschule mit ihren Fragen an. Wie lässt sich das Zustandekommen von Gesellschaft analysieren? Welche Ligaturen des Sozialen haben in Wissenschaft und Öffentlichkeit besondere Konjunktur? Wie neu sind die Begriffe und Konzepte, mit denen operiert wird, auf welchen Traditionen beruhen sie? Gibt es historische Problemlagen, die für eine komparative Analyse herangezogen werden können, oder ist die Gegenwart tatsächlich von einer unvergleichlichen „Unübersichtlichkeit“ geprägt? Welche Handlungsoptionen haben Einzelpersonen oder Gruppen im Kontext der debattierten Konzepte: Gestalten sie aktiv die gesellschaftliche Ordnung im Sinne von „faire société“ oder sind sie eher als passive Objekte in die großen Strukturen und Prozesse der „Ligaturen des Sozialen“ eingebunden? Und schließlich: Welche ambivalenten Effekte haben die debattierten Potenzen im Spannungsfeld von Ordnungsgenerierung und der Destabilisierung von institutionell generierter sozialer Dauerhaftigkeit?
Diese abstrakten und komplexen Fragen sollen auf verschiedenen thematisch-konzeptuellen Feldern konkretisiert und beispielhaft diskutiert werden.
1) Religion, Zivilreligion, Ersatzreligion – Säkularisierung, Fundamentalismus
Spätestens seit J.-J. Rousseau in seinem Contrat social das Konzept einer „religion civile“ als quasireligiöses Minimalfundament für eine moderne Gesellschaft definierte, gibt es eine Debatte über die „unverfügbaren“ Wurzeln des Sozialen. Als Kandidaten zur Fundierung sozialer und politischer Ordnungen sind ebenso deren „Heiligung“ durch „politische Religionen“ in den Blick zu nehmen wie ihre Rückbindung an Ursprungs- und Herkunftslegenden (Gründungsmythen, Genealogien) im Rahmen einer „politischen Theologie“. Aber das semantische Feld des Religiösen reicht noch viel weiter, wie etwa der Begriff der „Kunstreligion“ als einer Überhöhung der Künste im Medium der Ästhetik zeigt. Die moderne Rede vom „Körperkult“ im Fitnessstudio oder von der „Ersatzreligion“ Fußball mit eigenen Tempeln (Stadien), Ritualen, Liedern und „Göttern“ zeigt aber, wie weit die funktionalen und symbolischen Analogien reichen können. Wie sinnvoll ist die Rede von den „Ersatzreligionen“, welche Phänomene lassen sich darunter fassen, und inwieweit mobilisieren sie tatsächlich Bindekräfte für die Gesellschaft – oder sind sie nicht vielmehr individualisierende oder gewaltträchtige Sprengkörper?
Die alte Meistererzählung von der Säkularisierung der Moderne wird heute immer mehr in Frage gestellt. Angesichts der Wachstumsraten der verschiedenen christlichen Denominationen auf anderen Kontinenten erscheint eher die Entchristlichung Europas als der globale Sonderfall. Wobei die freieren Erscheinungsformen von Religiosität und Spiritualität jenseits der Anstaltskirchen auch hier ein Fragezeichen setzen. Gleichzeitig scheint vielerorts der Einfluss eines religiösen Fundamentalismus zuzunehmen. In westlicher Sicht wird vor allem der Islam mit fundamentalistischen Positionen identifiziert und die eigene eher säkulare Identität verteidigt. Beispielhaft für die komplexe Gemengelage von Religion, Recht und kultureller Identität steht der Streit um die Mohammed-Karikaturen. Stimmt diese ebenso geläufige wie einfache Gegenüberstellung, nach der einzig eine nach dem okzidentalen Modell geformte Variante des ‚aufgeklärten Islam‘ die Konfrontation zu beenden verspricht? Oder vermittelt eine historisch-kulturwissenschaftliche Beschäftigung mit der fremden und/oder der eigenen Kultur andere Perspektiven, wie das beispielhaft T. Bauers Thesen zur „Ambiguitätstoleranz“ des klassischen Islam getan haben?
2) Säkulare Masternarrative des Sozialen
Auch jenseits der Religion zielen viele Masternarrative auf das, was die soziale Ordnung im Innersten zusammenhält bzw. was sie entschieden zu verbessern verspricht. Dabei liegen die Spannung zwischen sozialer Bindung und sozialer Anomie häufig klar zutage. Seit A. Smith etwa war die Theorie der unsichtbaren Hand der Märkte (und folglich des Nachtwächter-Staates) ein zentraler Baustein des alteuropäischen Ordnungsdenkens, und bis heute ist der Glaube an die „Heilungskräfte“ des freien Marktes allgegenwärtig. Gerade aktuell aber fällt – angesichts der internationalen Währungsspekulationen oder den Warentermingeschäften mit Lebensmitteln, die wahrscheinlich den Hunger in der Welt verschärfen – die Kritik an dieser Marktgläubigkeit besonders stark aus. Auch ist es nicht zufällig, dass in der öffentlichen Debatte momentan das „Vertrauen“ als zentrale ökonomische Kategorie eine zentrale Rolle spielt.
Lange Zeit war der Marxismus ein starkes Gegen-Narrativ, dessen quasi-religiösen Züge schon früh bemerkt worden waren, das sich dann aber in beispielloser Weise delegitimiert hat – ob das so bleibt, ist gegenwärtig eine offene Frage. Besser scheint sich das Fortschritts-Narrativ behauptet zu haben, weil es sich flexibler an wandelnde historische Problemlagen anpassen kann. Allein die Fortschrittsannahme in Szientismus und Technik ist, jedenfalls in den westlichen Gesellschaften, nach Tschernobyl und Fukushima wohl gebrochen. Gerade vor diesem Hintergrund konnte aber der „ökologische“ Fortschritt umso stärker an Profil gewinnen, wobei die Debatte um dysfunktionale Nebenfolgen von Umwelttechnologien (Steuererhöhungen, agrokulturelle Monokulturen etc.) auch dahinter ein Fragezeichen setzt. Die Segnungen des modernen ökologischen Bewusstseins werden von Kritikern als möglicher Beginn einer Ökodiktatur gegeißelt, bei denen der moderne Blockwart die Durchführung der Mülltrennung überwacht. Schließlich ist auf internationaler Ebene das Narrativ vom Universalismus und vom Fortschritt der Menschenrechte ein machtvolle Deutung. Welche Relevanz besitzen diese und ähnliche Narrative für Gesellschaften in Geschichte und Gegenwart, in welchem Maß waren und sind sie in der Lage, eine gemeinsame Orientierung zu vermitteln?
3) Herkunftserzählungen zwischen Inklusion und Exklusion
Seit jeher gelten Herkunftserzählungen wie Ursprungsmythen oder Gründungserzählungen als ein starkes soziales Bindemittel. Sie begründen eine gemeinsame Identität von Familien und kleineren Gruppen bis hin zu Städten, Regionen und Staaten. Lange wurde die „Nation“ als die zentrale gemeinsame Bezugsgröße gehandelt – und bis heute ist sie keineswegs obsolet. Dann schien es, als könne das „gemeinsame Haus Europa“ gegenüber den Nationen an Gewicht gewinnen und diese langfristig sogar ablösen. Dass damit nicht nur Inklusionsprozesse verbunden sind, etwa die erstaunliche Erfolgsgeschichte der deutsch-französischen Freundschaft, sondern zugleich immer auch Exklusionspostulate erhoben werden, machte die Debatte um den Beitritt der Türkei oder um die Abwehr der Drittweltflüchtlinge an den Grenzen der EU deutlich. Derzeit kann es aber durchaus als offen gelten, ob angesichts der Eurokrise nicht die Nationen ein Revival erleben. Separatistische Tendenzen in Schottland, in Katalonien oder in Norditalien machen allerdings deutlich, dass unterhalb der nationalen Ebene regionale Gemeinschaften ebenfalls den Anspruch auf autonome Gestaltung ihres politischen Schicksals erheben. Auch sie gründen auf gemeinsamen Herkunftserzählungen, grenzen sich andererseits aber entschieden durch die Stigmatisierung der Anderen als „Schmarotzer“, „Ausbeuter“ o. ä. ab. Gehört diese Abgrenzung wesenhaft zur sozialen Bindung, die auf gemeinsamer Herkunft beruht? Welche Rolle spielt überhaupt die Geschichte und ihre kontroverse Interpretation bei der Kreierung von Herkunftsgeschichten?
4) Die Verheißungen der Zivilgesellschaft – vom globalen Dorf zur weltweiten Vernetzung
Wenn es keine außerhalb der Gesellschaft liegenden Fundamente gibt, die dieser Halt und Richtung gibt, dann – so die Schlussfolgerung – muss diese „Bürgergesellschaft“ gleichsam ihr Schicksal in die eigene Hand nehmen. Die Bürger müssen durch ehrenamtliches Engagement, Stiftungen und politische Partizipation ihre Partikularinteressen überschreiten und so Gemeinsinn mobilisieren. Gerade nach dem Zusammenbruch des Ostblocks hatten diese Verheißungen Konjunktur, insbesondere, weil die Massenproteste im östlichen Europa auf Emanzipation und Handlungsbereitschaft einer solchen Zivilgesellschaft hinzudeuten schienen. Jüngst wurden Hoffnungen auf die Attraktivität des zivilgesellschaftlichen Modells noch einmal durch die „Arabellion“ befeuert. Dass nach der kurzen Phase der Massenproteste sehr divergierende Interessen und Wertmuster aufschienen, die z. T. weder mit dem Gemeinwohl noch mit der Vision einer zivilen Gesellschaft etwas zu tun hatten, bewirkte einmal mehr eine Ernüchterung. Welche Perspektiven haben zivilgesellschaftliche Konzepte heute? Handelt es sich lediglich um idealistische Schlagworte ohne gesellschaftliche „Bodenhaftung“, oder besitzen sie Verankerungen in der Geschichte und in den gesellschaftlichen Tiefenstrukturen?
Zur Krisendiagnostik der Moderne gehört die Beobachtung einer starken Vereinzelung des gegenwärtigen Menschen, der Erosion sozialer Bindekräfte in Familie und Kleingruppen („bowling alone“). Geradezu ikonisch verdichtet es sich im einsam vor seinem Computer sitzenden Internet-Nutzers. Dieses Bild ruft allerdings auch die ganz gegenläufige Assoziation einer weltweiten Vernetzung auf, einer beispiellosen raumzeitlichen Verdichtung der Kommunikation, der Multiplikation von sozialen Beziehungen im Netz (Facebook-„Freundschaften“), die die Welt zum globalen Dorf werden lässt. Findet die Zivilgesellschaft also im Netz ihre stärkste Stütze, wie die Bedeutung des Web für die arabischen Proteste oder die Visionen von Transparenz und Partizipation der Piratenpartei nahelegen?
5) Neue soziale Formen
Zu den lange Zeit als unverfügbar geltenden Grundlagen des Sozialen zählten ebenfalls die bipolare Geschlechterordnung und die – je nach politisch-ideologischer Orientierung als „Keimzelle“ von Staat, Gesellschaft oder Leben apostrophierte – Familie. Auch sie sind als selbstverständlich hingenommene soziale Bindekräfte hinfällig geworden, wobei ursprüngliches emanzipatorisches Potential heute vielfach in reine Anerkennungsdiskurse mündet. Nicht mehr Gesellschaftskritik, sondern rechtlich verbriefte Gleichstellung auf dem Finanzamt oder bei der Karriere scheint das Ziel zu sein. Ambivalente Wertungen sind die Folge: Schwule, die heiraten, gelten den einen als Ausdruck einer ihrer ursprünglichen Werte (mit anderen Worten: ihrer dauerhaften Garantien für Zusammenhalt) verlustig gegangenen Gesellschaft, den anderen hingegen als naive Imitatoren konservativer Traditionen; Frauen, die nach Führungspositionen streben, wird einerseits entgegnet, sie stellten Karriere vor Familie, und andererseits, sie perpetuierten mit ihrem Marsch durch Hierarchieebenen nur die Dominanz von männlich präfigurierten Strukturen.
Dabei geht unter, dass sich hinter Themen wie Frauenquote in Unternehmen, „Herdprämie“ oder Gleichstellung von gleichgeschlechtlichen Lebensgemeinschaften bei Heirat und Adoption gravierende Veränderungen in den sozialen Existenzformen verbergen: Singlehaushalte, alleinerziehende Mütter und Väter, Patchwork-Familien oder Kinder, um die sich mehrere „soziale“ Mütter und Väter kümmern, sind Zeichen von sich neu formierenden Lebensformen im familiären Nahbereich, informelle Sorgenetze (wie sie etwa während der HIV-Epidemie entstanden und sich heute z. B. in Wohngemeinschaften im Alter fortsetzen), größere intentionale Lebensgemeinschaften (wie Ökosiedlungen oder „Cohousing“) oder lokale Tausch- und Geldsysteme („Tauschringe“) sind Beispiele für neue, oft von geteilten Überzeugungen (Ökologie, Gestaltung einer gerechten Wirtschaftsordnung) getragene kollektive Lebensformen (nehmen aber auch historische Modelle – Ordensgemeinschaften, Kibbuz– zum Vorbild). Zu fragen ist deshalb, wie die rapide Pluralisierung und Entnormierung der Lebensformen – in der manche gar die Gefahr einer Atomisierung von Gesellschaft sehen – sich in Einklang bringen lässt mit der Notwendigkeit, soziale Ordnung auf allgemeinverbindliche Grundlagen zu stellen, wobei Zugehörigkeit und Inklusion auch für die möglich sein muss, die – aus kulturellen, religiösen oder anderen Gründen – traditionellen Lebensformen den Vorzug geben.
6) Der Prozess der Zivilisation und die globale Gewalt
Physische und soziale Sicherheit ist eine der Grundvoraussetzungen für soziale Ordnung, und das Versprechen einer immer größeren Sicherheit auf den verschiedensten Ebenen ist eines der gesellschaftlichen Masternarrative der Moderne. Dabei gründet schon die These einer zunehmenden Zivilisierung der Gewalt auf unsicherem Boden. Zwar vertreten viele Historiker bis heute, es habe einen langfristigen Rückgang der Gewalt bis zur Gegenwart gegeben und verweisen auf einen angeblichen Prozess der Zivilisation (N. Elias). Aber weder die Fähigkeit des Staates, ein legitimes Gewaltmonopol zu gewährleisten – und es effizient auszuüben – noch die These vom Zivilisationsprozess verstehen sich heute noch von selbst. Das „Zurück zur Barbarei“ im Jugoslawien-Krieg, die Transformationen des organisierten Verbrechens oder die Präsenz terroristischer Akte (11. September 2001, Madrid, London) haben deutliche Fragezeichen gesetzt. Die Mega-Städte des 21. Jahrhunderts sind Brennpunkte der Gewalt, und die jüngsten gewaltsamen Eruptionen in den Vorstädten der europäischen Metropolen Paris und London brachten die sozialen Bruchlinien dort zum Vorschein. Auch andernorts wächst angesichts der medialen Allgegenwart der Gewalt das Gefühl von „Unsicherheit“, selbst ohne das aktuelle Erleben von Gewalt. Umgekehrt wirft eine verschärfte Sicherheitspolitik immer wieder die Frage auf, inwieweit dadurch Bürger- und Freiheitsrechte bedroht sind.
Ablauf und Bewerbung
Die sechs Themengebiete werden in jeweils halbtägigen Sektionen bearbeitet. Jede Sektion wird von einem/einer „Seniorforscher/in“ mit einem Vortrag eröffnet, anschließend folgen Präsentationen und Diskussion der Thesenpapiere von Nachwuchsforscher/innen.
Es werden insgesamt 24 Nachwuchsforscher zur Teilnahme am Seminar zugelassen. Die Teilnehmer (12 „Autoren“ und 12 „Kommentatoren“ – siehe unten) werden in Zweiergruppen eingeteilt, die jeweils aus einem Autor und einem Kommentator bestehen. Das Auswahlgremium des CIERA und des SFB 804 entscheidet darüber, wie die Zweiergruppen zusammengesetzt sind.
Besonderer Wert wird auf die Interdisziplinarität der Arbeit gelegt. Es ist deshalb wichtig, bei der Vorbereitung eines Textes darauf zu achten, dass ein möglichst breites Spektrum an Fachrichtungen berücksichtigt wird.
Ein halber Tag wird der Gruppenarbeit gewidmet, bei der die Nachwuchsforscher die Aufgabe haben, die Ergebnisse der Sektionen zusammenzufassen, um sie am Samstagmorgen in der Abschlusssitzung vorzustellen. So besteht auch die Gelegenheit, auf Fragen zurückzukommen, die während der Diskussionen aufgekommen sind, und sie gemeinsam weiter zu vertiefen.
Die Bewerber(innen) werden gebeten, sich zu entscheiden, ob sie als Autor(in) und/oder als Kommentator(in) kandidieren möchten.
Die „Autor/innen“
Die Nachwuchsforscher, die sich als Autoren bewerben, werden zunächst aufgefordert, bis zum 17. Februar 2013 einen Themenvorschlag von etwa 3000 Zeichen (Leerstellen inbegriffen) zu unterbreiten, der sich in eines der sechs Themengebiete einfügt. Diesem Themenvorschlag sollte ein akademischer Lebenslauf und eine kurze Zusammenfassung der Forschungsarbeiten (3000 Zeichen, Leerstellen inbegriffen) beigefügt werden. Die Kandidaten, die von der Kommission ausgewählt werden, müssen dann bis zum 20. Mai 2013 einen Text von maximal 40.000 Zeichen unterbreiten, der auf der Webseite des CIERA veröffentlicht wird und über ein Passwort allen Teilnehmern des Seminars zugänglich gemacht wird. Während des Seminars werden diese Texte nicht von den Autoren selbst, sondern von den Kommentatoren vorgestellt und analysiert. Daher bitten wir die Autoren, bei der Verfassung ihrer Texte die Interdisziplinarität der Gruppe zu berücksichtigen.
Die „Kommentator/innen“
Die Kommentatoren werden gebeten, dem CIERA bis zum 17. Februar 2013 einen akademischen Lebenslauf und eine Zusammenfassung ihres Forschungsprojekts zukommen zu lassen.
Ihre Aufgabe ist es, die Texte ihrer Kollegen vorzustellen und zu analysieren. Diese zu kommentierenden Texte werden im Juni 2013 mitgeteilt. Die Kommentare sollten maximal 15 Minuten dauern. Es folgt eine halbstündige Gruppendiskussion. Ziel des Kommentars ist nicht, den Text zusammenzufassen, sondern Fragestellungen herauszuarbeiten, die es in der anschließenden Gruppendiskussion ermöglichen, die vorgestellten Thesen zu hinterfragen und vertiefen.
Damit der interdisziplinäre Charakter der Veranstaltung gewährleistet ist und sich verschiedene wissenschaftliche Ansatzpunkte ergänzen können, werden Kommentatoren gebeten, einen Text zu analysieren, der nicht unbedingt ihrer eigenen Fachrichtung entstammt.
Datum: 10/09/2013 – 14/09/2013
Teilnehmerkreis: Das Seminar bietet 24 Nachwuchswissenschaftler (Doktoranden und Postdocs, eventuell auch Studenten aus den Master- und Diplomstudiengängen) die Möglichkeit zur Teilnahme, unabhängig von ihrer Nationalität und davon, ob sie in einer vergleichenden Perspektive arbeiten oder nicht bzw. ob ihr Projekt Deutschland oder Frankreich zum Thema hat. Die Arbeitssprachen des Seminars sind Deutsch und Französisch. Jeder Teilnehmer kann sich in der Sprache seiner Wahl ausdrücken. Erwartet werden jedoch zumindest ausreichende passive Kenntnisse der jeweils anderen Sprache.
Tagungsort: Le Moulin d’Andé, Normandie
Bewerbung:
Die Bewerbung erfolgt in 2 Etappen:
1) Onlinebewerbung (2 Formulare):
-Einschreibung auf der Webseite des CIERA
http://www.ciera.fr/repertoire/web/gestion.php/demande?motif=inscription_ciera
-Informationen zu Ihrem Beitrag für das Seminar
http://www.ciera.fr/limesurvey/index.php?sid=82857&newtest=Y&lang=fr
2) Bewerbungsmappe mit wissenschaftlichem Lebenslauf, Skizze der laufenden Forschungsarbeiten und – im Fall der Autor/innen - Textvorschlag. Diese Mappe darf weder gebunden noch geheftet sein und muss per Post an Michael Werner (à l’attention de Virginie Ransinan) gesendet werden.
Einsendeschluss für alle Bewerbungen: 17. Februar 2013
Teilnahmekosten: 50 € (Einschreibgebühren und Beitrag zu den Verpflegungskosten). Die Reisekosten (Bahn 2. Klasse oder Flugzeug zum günstigsten Tarif) und die sonstigen Aufenthaltskosten werden von den Organisatoren gemäß der Erstattungsregelung des CIERA getragen. Teilnahmekosten müssen im Juni bezahlt werden.
Auswahlkommission:
Falk BRETSCHNEIDER (EHESS), Beate COLLET (Université Paris-Sorbonne), Gernot KAMECKE (TU Dresden), Jay ROWELL (Université de Strasbourg), Evelyne LAGRANGE (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Gerd SCHWERHOFF (TU Dresden), Hans VORLÄNDER (TU Dresden), Michael WERNER (EHESS/CIERA)
Kontakt:
Virginie Ransinan
CIERA
Maison de la recherche
28 rue serpente
F-75006 Paris
Tel.: 01 53 10 57 37
ransinan@ciera.fr
Catégories
- Sociologie (Catégorie principale)
- Sociétés > Études du politique > Sciences politiques
- Sociétés > Histoire
- Espaces > Europe > Monde germanique
Lieux
- Gare la plus proche : Val-de-Reuil - Moulin d'Andé
Andé, France (27)
Dates
- dimanche 17 février 2013
Mots-clés
- religion, laïcité, société, genre, civilisation
Contacts
- Virginie Ransinan
courriel : virginie [dot] ransinan [at] paris-sorbonne [dot] fr
URLS de référence
Source de l'information
- Annette Schläfer
courriel : annette [dot] schlafer [at] sorbonne-universite [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Faire société », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 janvier 2013, https://calenda-formation.labocleo.org/234606

