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Un octobre oublié ? La Russie en 1993

A Forgotten October? Russia in 1993

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Veröffentlicht am Freitag, 08. Februar 2013

Zusammenfassung

Du 21 septembre au 4 octobre 1993, la Russie connaît une crise politique majeure. L’affrontement entre le Président Boris Eltsine et le Parlement se conclut par le bombardement du Parlement par l’armée et par l’arrestation des députés insoumis et de leurs partisans, alors que le bilan s’élève à plus de 150 morts et 400 blessés. Octobre 1993 a pu être considéré comme une étape dans le « déraillement » démocratique du régime et comme la matrice des évolutions politiques du pays jusqu’à Vladimir Poutine. Vingt ans après octobre 1993, le colloque a pour objectif de proposer une sociologie de cette crise politique cruciale mais aujourd’hui négligée. Il vise à interroger le récit officiel de l’événement, à redonner place à des récits et des souvenirs alternatifs. Il souhaite revenir sur les enjeux de la confrontation à l’époque, portant tant sur les questions politiques que sur les modèles économiques à suivre.

From 21 September to 4 October 1993, Russia experienced a major political crisis. The political confrontation between President Boris Yeltsin and the Parliament ended with the storming of Parliament by the army on 4 October, and the arrests of the rebel deputies and their supporters : more than 150 were dead and 400 injured. October 1993 has been considered as a stage in the regime's derailment from democracy and as forming the matrix of political developments in the country leading to Vladmir Putin. Twenty years after October 1993, this Conference aims to propose a sociological analysis of this crucial but neglected political crisis. To this end, it seeks to question the official version of the event, and will restore the place of alternative accounts and memories. It will analyse the debates on different political models and economic reformes so as to understand the stakes of the conflict as identified by the actors.

Inserat

« Un Octobre oublié ? La Russie en 1993 » Paris, 18-19 novembre 2013

« Je décrète la suspension des fonctions législatives, administratives et de contrôle du Congrès des députés du peuple et du Soviet suprême de la Fédération de Russie. (…) La Constitution (…) et la législation (…) restent en vigueur dans la mesure où elles ne contredisent pas le présent Décret ». Moscou, Kremlin, 21 septembre 1993, 20 heures, Ukaz du Président n° 1400.

Argumentaire

Présenté par les uns comme un moyen de sortir du conflit insoluble qui oppose le Président au Parlement depuis des mois, dénoncé par les autres comme un coup de force, ce décret de B. Eltsine ouvre la voie à une crise qui durera quatorze jours au cours desquels le conflit politique basculera dans l’affrontement violent. Du 21 septembre au 4 octobre 1993, la Russie connaît une crise politique majeure. En réponse à l’ukaz de B. Eltsine, les députés soutenus par le général Routskoï, Vice-président de la Russie, se réunissent en session extraordinaire, refusent de se soumettre à la décision présidentielle, s’enferment au Parlement (Maison Blanche) et tiennent le siège contre les forces de l’ordre. Des manifestations sont organisées dans la ville : les partisans d’Eltsine se réunissent près du Soviet de Moscou (Mossovet), ceux des députés près de la Maison Blanche. L’affrontement politique se conclut par le bombardement du Parlement par l’armée le 4 octobre sur ordre du Président et par l’arrestation des députés insoumis et de leurs partisans. Bilan : plus de 150 morts et 400 blessés.

Vingt ans après octobre 1993, le colloque a pour objectif de proposer une sociologie de cette crise politique cruciale mais aujourd’hui négligée. Dans cette perspective, il vise à interroger le récit officiel de l’événement, œuvre avant tout des vainqueurs dont la vision de l’affrontement et de ses conséquences, notamment institutionnelles, s’est imposée. Le colloque souhaite redonner place à des récits et des souvenirs alternatifs. Il entend analyser dans leur diversité les trajectoires individuelles et collectives des acteurs de l’époque. Portant sur la période précédant le conflit, sur son déroulement puis sur ses conséquences, il s’intéressera tant aux vainqueurs qu’aux perdants du conflit, à ses participants engagés et à ses observateurs. Une attention particulière sera accordée à la question du surgissement de la violence et de ses effets sur la crise et son dénouement.

Avant la crise, les acteurs politiques de l’époque ont agi dans un contexte incertain et complexe. La montée vers le conflit ne peut être analysée sur le mode du complot ou d’une ascension linéaire vers la crise violente ; celle-ci est en grande partie inattendue et n’avait rien d’inéluctable. La crise d’octobre 1993 est celle d’un pouvoir russe qui s’était construit contre le pouvoir de l’Union soviétique, avec l’élection en 1990 du Congrès des députés du peuple de la RSFSR. B. Eltsine, élu Président du Soviet suprême (chambre haute) en mai 1990, puis de la Russie en juin 1991, avait obtenu le soutien d’une majorité composite de députés dans sa lutte pour capter des compétences face à l’Union. Jusqu’à la mi-1991, le Président et les députés qui ne lui sont pas acquis (soit les 2/3 des sièges) ont des intérêts plutôt convergents. Une fois la chute de l’URSS actée, en décembre 1991, ces convergences s’affaiblissent. Des interrogations se font jour sur le type de régime à mettre en place : présidentiel, parlementaire ou mixte ? Des doutes croissants pèsent sur la mise en œuvre du programme économique de « thérapie de choc » aux lourdes conséquences sociales et économiques. Les oppositions se font de plus en plus marquées au sein du Congrès des députés du peuple (émergence des « rouges-bruns », division des « démocrates »…). Au cours de l’année 1993, plusieurs tentatives de conciliation menées par divers intermédiaires ont lieu. Des accords multiples, plus ou moins publics, plus ou moins respectés, se succèdent entre les deux pouvoirs sans parvenir à stabiliser la situation.

A l’automne 1993, après la publication de l’ukaz de B. Eltsine, les acteurs impliqués dans le conflit, du côté du Soviet suprême comme de la Présidence, improvisent. Le colloque tentera d’éclairer sous cet angle ce qui se passe dans la crise elle-même, en particulier les aspects suivants :

  • L’incertitude généralisée qui règne entre le 21 septembre et le 4 octobre. Il s’agit d’en prendre la mesure et d’explorer la façon dont elle affecte les perceptions, anticipations et calculs des acteurs. Les informations qui circulent sont partielles et partiales, laissant le champ libre aux malentendus, aux coups de bluff et à la diffusion de rumeurs. Certains acteurs choisissent l’engagement alors que d’autres privilégient l’attentisme.
  • Comment les mobilisations affectent-elles les divers univers sociaux et lieux institutionnels dans lesquels elles se déploient (champ politique et Parlement, armée et police, Présidence, différents secteurs étatiques, presse écrite, TV, radio, etc.) ? Par quels clivages ces univers sont-ils traversés, comment évoluent-ils au cours de la crise ? Quelles sont les coalitions d’acteurs qui se cristallisent alors ? Quel a été le rôle des syndicats, des partis et des organisations sociales (notamment celles qui refusent de s’engager d’un côté mais vont aider les blessés) ? Ces mobilisations atteignent-elles également d’autres acteurs (ministères fédéraux, pouvoirs régionaux, pouvoir judiciaire…) et avec quels effets ?
  • Les échanges de coups entre les protagonistes : comment a été prise la décision de dissoudre le Parlement, comment a émergé la riposte des parlementaires oppositionnels ? Quelle a été la place des manifestations de rue dans le déroulement de l’événement ? Comment s’est fait le passage à la violence ouverte, qu’est-ce qui l’a rendue possible ? Comment l’armée et la police sont-elles intervenues : comment s’est effectué le maintien de l’ordre pendant les journées d’octobre, la police « savait-elle faire » ? Comment expliquer et qualifier les relations entre la Présidence et le haut commandement militaire au cours de cette période ? Quand et comment le choix de bombarder le Parlement a-t-il été fait ?
  • Enfin, quelles ont été les négociations et les tentatives de médiation au cours de ces quatorze jours ? La démarche de l’Eglise orthodoxe en ce sens est connue ; y a-t-il eu des tentatives de médiation moins publicisées (d’Etats occidentaux, post-soviétiques ou encore d’autres acteurs) ?

A l’issue du conflit, de nouveaux rapports de force apparaissent dans la compétition politique. L’histoire des institutions qui naissent de la crise a été largement écrite. Les élections parlementaires de décembre 1993 et le référendum qui mène à l’adoption de la Constitution ont été bien analysés. Cependant, les choix institutionnels effectués à cette période posent question. Ils aboutissent à « réduire le champ des possibles » par rapport à toutes les formes qu’aurait pu adopter la démocratie russe et à figer des solutions institutionnelles très contingentes et qui n’étaient, avant 1993, que provisoires. A l’issue de cette crise, le devenir de l’opposition défaite est négligé. Il importe de voir pourtant comment l’opposition se réorganise, quelles sont ses formes d’action, ses modes de domestication par l’exécutif fédéral et quelles sont les trajectoires des anciens opposants à B. Eltsine après octobre 1993. Du côté de B. Eltsine, 1993 marque aussi une coupure dans la carrière politique d’une bonne partie de ses partisans, par exemple des députés « démocrates » qui ne seront pas réélus en 1993 et de nombreux citoyens qui s’étaient engagés dans le « mouvement démocratique » à la faveur de la perestroïka : certains se détourneront totalement de l’activité politique, d’autres se reconvertiront dans des carrières associatives ou économiques.

Si l’attention s’est particulièrement portée sur les événements à Moscou, qui seuls ont dégénéré en affrontement violent, il n’en reste pas moins que la dissolution, partout en Russie, des soviets locaux et régionaux ouvre une période de désenchantement durable vis-à-vis du politique tandis qu’elle accélère les recompositions du pouvoir régional autour du partage de la propriété notamment.

A plus long terme, il importe de voir quelles nouvelles pratiques et représentations se développent dans l’espace politique russe. Octobre 1993 a pu être considéré comme une étape dans le « déraillement » démocratique du régime et comme la matrice des évolutions politiques du pays jusqu’à V. Poutine. Le conflit a aussi été considéré comme préfiguration de l’usage de la violence à des fins intérieures (notamment pour rétablir l’ordre en Tchétchénie). Octobre 1993 interroge aussi le rapport de la Russie à l’Occident. Quels ont été les effets de cet affrontement sur la place de la Russie sur la scène internationale ?

Pour interroger ces différents aspects, le colloque entend redonner une place centrale aux divers acteurs du conflit. Dans cette perspective, l’appel à contributions s’articule autour de six grands axes :

  • Interroger les acteurs de l’époque pour offrir de nouvelles sources de connaissance de l’événement. En l’absence d’accès aux archives, en l’absence de commission d’enquête à l’issue du conflit, les recherches actuelles se fondent sur des témoignages d’acteurs engagés dans l’un ou l’autre camp, de journalistes, sur des recueils de documents et de textes. Le colloque pourra permettre de réfléchir à la constitution et à l’usage de ces sources et contribuer à les compléter.
  • Comprendre les enjeux du conflit identifiés par les acteurs : quels modèles politiques sont en compétition à leurs yeux ? Autour de quoi se battent-ils ? Quelle est la part accordée aux questions institutionnelles, aux questions de légitimité, mais aussi aux modalités d’exercice du pouvoir ? Quels sont les débats autour des réformes économiques, leurs significations ?
  • Mettre en lumière la diversité des trajectoires des acteurs politiques, des ressources dont ils disposent et qu’ils mettent en œuvre aux différents moments. L’analyse sera attentive au positionnement des différents types d’acteurs : institutionnels, politiques, syndicaux, économiques, religieux… ainsi qu’à ceux qui se sont posés en médiateurs. Elle s’attachera également à la manière dont la crise a modifié leurs trajectoires et carrières.
  • Comprendre la dynamique propre de la crise. Les motivations, objectifs et enjeux des acteurs qui donnent naissance à la crise sont ballottés ou transformés par les événements, au travers des mobilisations et des échanges de coups entre ces acteurs, la confrontation acquiert une dynamique autonome. Dans une situation d’incertitude généralisée, la compétition pour le pouvoir se mue en quelques jours en une lutte pour la survie politique de ses protagonistes et pour celle des institutions qu’ils prétendent incarner. Le conflit se déroule dans des lieux physiques considérés comme stratégiques et symboliques (la Maison Blanche, le Kremlin, la tour de télévision d’Ostankino, le Mossovet…). Il a surtout sa topographie sociale, i.e. les espaces sociaux et arènes institutionnelles – champ politique, Parlement, Présidence, secteurs étatiques (dont l’armée et la police), pouvoirs régionaux, univers des médias, etc. – où se produisent les mobilisations et contre-mobilisations et où s’échangent les coups. Alors que tout paraît tranquille ailleurs dans Moscou et sa périphérie, que se passe-t-il dans les autres régions ? Comment regarde-t-on le conflit dans les ex-républiques soviétiques ?
  • Analyser les temporalités du conflit et de ses conséquences. Dans la crise, les acteurs ne jouent pas tous selon les mêmes temporalités. Le temps n’est pas linéaire, il y a des accélérations, des basculements (notamment marqués par le passage à la violence). Le temps des réformes institutionnelles n’est pas le même que celui des réformes économiques. Entre 1991 et 1993, comment se font les parallèles ? 1993 par rapport au passé soviétique ? Dans l’histoire des années 1990 ? Et depuis 2000, une politique de l’oubli ?
  • Faire sens de 1993 : Quelle mémoire du conflit se perpétue, et dans quels groupes ? Quels lieux font mémoire ? Au-delà des interprétations politiques du conflit, quelles productions littéraires, cinématographiques, artistiques contribuent à la mémoire de cet événement ? Comment l’Etat russe reconnaît-il ses responsabilités et le rôle des uns des autres (décoration des militaires, amnistie) ? Quelle justice, quelles réparations sont-elles envisagées ? Le déroulement de la crise et son résultat constituent-t-ils le début du délitement du pouvoir du Centre sur les régions et du fédéralisme asymétrique ? Comment les chercheurs en Russie et ailleurs dans le monde ont-ils analysé cet événement et comment leurs analyses ont-elles pu contribuer à la formation du « sens » de la crise de 1993 ?

Modalités de soumission

Ce colloque interdisciplinaire est ouvert à des contributions d’historiens, de sociologues, de juristes, d’économistes, de chercheurs en science politique et relations internationales ou en tout autre domaine des SHS. Des contributions de témoins et d’acteurs de cette période, situés à différents endroits (physiques et politiques) du « théâtre des opérations », sont également les bienvenues.

Les personnes souhaitant participer sont priées d’envoyer à l’adresse octobre1993@centre-fr.net un résumé de 300 à 500 mots dans une des langues de travail du colloque, accompagné d’une brève notice biographique (pas de CV)

pour le 15 mars 2013.

L’envoi d’un résumé en anglais en plus d’un résumé en français ou russe sera apprécié.

Les participants retenus en seront informés avant la mi-avril 2013. Il sera demandé aux participants un « résumé long » de 5 -7 pages environ (3 à 5000 mots) pour le 1er octobre 2013.

Le colloque aura lieu au CERI, 56 rue Jacob, les 18-19 novembre 2013.

Langues de travail : français, anglais, russe (interventions possibles dans ces trois langues, une traduction français-russe et russe-français uniquement sera assurée).

Informations: www.centre-fr.net  Contacts : octobre1993@centre-fr.net

Bibliographie : http://russiaviolence.hypotheses.org/bibliographies/octobre-1993-in-russia-a-bibliography

Institutions organisatrices

Centre d’études franco-russe de Moscou (CEFR), en collaboration avec le Centre d’études et de recherches internationales (CERI, Sciences Po), le Centre d’étude des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, EHESS), l’Institut d’histoire russe de l’Académie des sciences de Russie (IRI RAN, Moscou), l’Académie de l’économie et de la fonction publique de Russie (RANHiGS, Moscou), le Centre de recherches pluridisciplinaires multilingues (CRPM, Université Paris Ouest Nanterre), l’Institut des sciences sociales du politique (ISP, Université Paris Ouest Nanterre) et la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH, Paris).

Comité scientifique

Carine Clément (Institut Smolny, St-Pétersbourg), Françoise Daucé (Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand/CERCEC), Myriam Désert (Université Paris IV/CERCEC), Michel Dobry (Université Paris 1/CESSP), Boris Doubine (Levada-Centre), Gilles Favarel-Garrigues (CERI), Graeme Gill (Université de Sydney), Anne Le Huérou (Université Paris Ouest Nanterre/CRPM/CERCEC), Marie-Hélène Mandrillon (CERCEC, Paris), Rudolf Pikhoia (RANHiGS, Moscou), Jean-Robert Raviot (Université Paris Ouest Nanterre/CRPM), Amandine Regamey (Université Paris I/CERCEC), Kathy Rousselet (CERI), Carole Sigman (CEFR, Moscou/ISP), Serguei Zhuravlev (IRI RAN, Moscou).

Comité d’organisation

Françoise Daucé, Gilles Favarel-Garrigues, Anne Le Huérou, Amandine Regamey, Kathy Rousselet, Carole Sigman.

"A forgotten October? Russia in 1993", Paris, 18-19 November 2013

“I order the suspension of the parliamentary, administrative and supervisory functions of the Congress of People's Deputies and the Supreme Soviet of the Russian Federation... The Constitution... and legislation... will remain in force to the extent that they do not conflict with this Decree” Moscow, Kremlin, 21 September 1993, 8pm, Presidential Decree (Ukaz) n° 1400.

Argument

Presented by some as a way out of the intractable conflict which had opposed the President and Parliament for months, denounced by others as a coup, Boris Yeltsin's decree provoked a crisis which would last fourteen days, during which political conflict turned into violent confrontation. From 21 September to 4 October 1993, Russia experienced a major political crisis. In response to Yeltsin's Ukaz, Members of Parliament supported by General Rutskoi, Russian Vice-President, met in extraordinary session, refused to comply with the presidential decision, occupied Parliament (the White House) and held out against the security forces. Protests were organised in the city: Yeltsin's supporters gathered near the Moscow Soviet (Mossovet), those supporting the deputies assembled near the White House. The political confrontation ended with the storming of Parliament by the army on 4 October, under the orders of the President, and the arrests of the rebel deputies and their supporters. The toll: more than 150 dead and 400 injured.

Twenty years after October 1993, this Conference aims to propose a sociological analysis of this crucial but neglected political crisis. To this end, it seeks to question the official version of the event, which was principally the work of the victors, who imposed their vision of the confrontation and its consequences, in particular concerning the institutional outcomes. The Conference will also restore the place of alternative accounts and memories. It will analyse the diverse individual and collective trajectories of actors of the period. Focussing on the period prior to the conflict, its development and its consequences, the Conference will explore both the winners and the losers of the conflict, its active participants and its observers. Particular attention will be paid to the issue of the explosion of violence, its effects on the crisis and its outcome.

Before the crisis, political actors of the period operated in an uncertain and complex context. The ascent towards conflict cannot be analysed as a conspiracy or as a linear rise to violent crisis. This outcome was in large part unexpected and in no way inevitable. The October 1993 crisis was that of a Russian power which had built itself in opposition to the power of the Soviet Union, with the election in 1990 of the Congress of People's Deputies of the RSFSR. Boris Yeltsin, elected President of the Supreme Soviet (upper house) in May 1990, then of Russia in June 1991, had obtained the support of a composite majority of parliamentarians in his struggle to gain powers from the Union. Until mid-1991, the President and those deputies who did not support him (representing two thirds of seats) had fairly convergent interests. With the fall of the USSR in December 1991, these points of convergence diminished. Questions began to be asked about the type of regime to be established: presidential, parliamentary or mixed? Doubts grew over the implementation of the economic programme of “shock therapy”, with its heavy social and economic consequences. Divisions between opposition groups within the Congress of People's Deputies became more marked (emergence of a “red-brown” opposition, divisions among “democrats”...). In the course of 1993, there were several attempts at conciliation conducted by various intermediaries. Multiple agreements were concluded between the two powers, varying in degrees of transparency and in the extent to which they were implemented, yet the situation remained unstable.

  • In Autumn 1993, after the publication of Yeltsin's decree (ukaz), actors involved in the conflict, both within the Supreme Soviet and the Presidency, were improvising. From this perspective, the Conference will attempt to shed light on what was happening in the crisis, focusing on the following aspects:
  • The context of widespread uncertainty which reigned between 21 September and 4 October. This will be evaluated and the way in which it affected the actors' perceptions, expectations and calculations will be explored. Information circulating at the time was incomplete and partisan, favouring misunderstandings, bluffs and the propagation of rumours. Some actors decided to take an active part, while others played the waiting game.
  • How did mobilizations affect the various social worlds and institutional sites in which they took place (the political sphere and Parliament, army and police, Presidency, state sectors, press, TV, radio, etc.)? What splits occurred within these worlds and how did they develop during the course of the crisis? What coalitions emerged? What was the role of the trade unions, parties and social organisations (in particular those who refused to take sides but provided assistance to the injured)? Did these mobilizations reach other actors (federal ministries, regional powers, judiciary...) and to what effect?
  • Succession of moves between the protagonists: How was it decided to dissolve Parliament? How did the response of the opposing parliamentarians emerge? What was the role of street protests in the development of events? How did events turn violent and what made that possible? How did the army and the police intervene? How was order maintained during those days in October? Did the police have the required “know-how”? How can relations between the Presidency and the higher echelons of the Army be explained and described during this period? How and when was it decided to strike Parliament?
  • Finally, what negotiation and mediation attempts took place during these fourteen days? The efforts of the Orthodox Church are well-known. Were there other, less publicised, mediation attempts (Western States, Post-Soviet States or other actors)?

At the end of the conflict, new power relations emerged in the political contest. The history of the bodies that grew out of the crisis has been widely documented. The parliamentary elections of December 1993 and the referendum which led to the adoption of the Constitution have been fully analysed. Yet, the institutional choices made during this period raise questions. They resulted in a reduced range of possibilities, in terms of the forms that could be taken by Russian democracy, and froze contingent institutional solutions, which prior to 1993 were intended to be temporary. After the crisis, the future of the defeated opposition was neglected. Yet, it is important to see how the opposition reorganised, what were its forms of action and the means of control) by the Federal government and what were the fates of former opponents to Boris Yeltsin after October 1993. As for Yeltsin’s supporters, 1993 also marked a break in the political careers of many of them, for example the “democrat” deputies who were not re-elected in 1993 and the many citizens involved in the “democratic movement” in support of perestroika: some completely abandoned political activity, others reconverted to careers in associations or economics.

While attention was focussed on events in Moscow, the only place where they degenerated into violent confrontation, the dissolution across Russia of local and regional soviets marked the beginning of long-lasting disillusion with politics, while accelerating the rebuilding of regional power, in particular around the division of property.

In the longer term, the new practices and representation that developed in the Russian political arena should be explored. October 1993 has been considered as a stage in the regime's derailment from democracy and as forming the matrix of political developments in the country leading to Vladmir Putin. The conflict has also been considered as a precursor to the use of violence to internal ends (in particular for re-establishing order in Chechnya). October 1993 also raised questions for the relationship between Russia and the West. What were the effects of this confrontation on Russia's role on the international scene?

In order to explore these issues, the Conference aims to give a central role to the various actors of the conflict. To this end, the call for contributions is divided into six main themes:

  • Questioning actors from the period to provide new sources of knowledge about the events. Without access to archives and in the absence of the establishment of an investigation commission at the end of the conflict, current research is based on the testimonies of actors from one side or the other, accounts of journalists and compilations of documents. The Conference could enable discussion of the establishment and use of these sources and contribute to supplementing them.
  • Understanding the stakes of the conflict as identified by the actors: What political models were competing in their eyes? What were they fighting for? What was the importance of institutional questions, of questions of legitimacy, but also of modes of exercising power? What were the debates about economic reforms and their significance?
  • Highlighting the diversity of the trajectories of political actors, the resources available to them and utilised at different times. The analysis will pay attention to the positioning of different types of actor: institutional, political, trade unions, economic, religious... as well as to those who acted as mediators. The ways in which the crisis changed their trajectories and careers will also be explored.
  • Understanding the dynamics of the crisis. The motives, objectives and stakes that gave birth to the crisis were shaken and transformed by events, through mobilizations and strategic moves by the various actors, and the conflict gained an independent dynamic. In a situation of widespread uncertainty, within several days competition for power turned into a struggle for the political survival of the protagonists and for those bodies they claimed to represent. The conflict took place on sites considered to be strategic or symbolic (the White House, the Kremlin, the Ostankino television tower, the Mossovet...). The conflict thus had its own social topography, i.e., social spaces and institutional arenas – political sphere, Parliament, Presidency, state sectors (including the army and the police), regional powers, the media world, etc. where mobilizations, counter-mobilizations and succession of moves took place. While everything seemed calm elsewhere in and around Moscow, what was happening in other regions? How was the conflict perceived in the former Soviet republics?
  • Analysing the time-frame of the conflict and its consequences. During the crisis, actors participated according to varying time-frames. Time was not linear, there were moments of acceleration and tipping points (in particular the recourse to violence). The time-frame of institutional reforms differed from that of economic reforms. How can parallels be drawn between 1991 and 1993? Between 1993 and the Soviet past? In this history of the 1990s? And since 2000 has there been a policy of forgetting?
  • Making sense of 1993: What memory of the conflict is perpetuated and within which groups? Which sites commemorate these events? Beyond political interpretations of the conflict, which literary, cinematographic or other artistic works contribute to the commemoration of this event? How does the Russian State recognise responsibilities and respective roles (military decorations, amnesty)? What forms of justice and reparations were envisaged? Did the development of the crisis and its outcomes constitute the beginning of the disintegration of the Central power over the regions and asymmetric federalism. How have researchers in Russia and elsewhere analysed this event and how have their analyses contributed to an understanding of the “sense” of the crisis of 1993?

Submission guidelines

This interdisciplinary Conference is open to contributions from historians, sociologists, lawyers, economists, researchers in political science, international relations and any other area of social science. Contributions from witnesses and actors from this period, located in different (physical or political) areas within the “theatre of operations”, are also welcome.

Those wishing to participate should submit a summary (300 – 500 words) in one of the symposium's working languages, together with a brief biography (CVs not accepted)

by 15 March 2013

to octobre1993@centre-fr.net.

Submission of summaries in English as well as in French or Russian will be appreciated.

Those selected will be informed by mid-April 2013. Participants will be asked to provide a “long summary” of approximately 5 - 7 pages (3000-5000 words) by 1st October 2013.

The Conference will take place at CERI, 56 rue Jacob, on 18-19 November 2013.

Working languages: French, English, Russian (oral presentations may be delivered in these three languages. Only translation from French to Russian and from Russian to French will be provided).

Information: www.centre-fr.net

Contact: octobre1993@centre-fr.net

Bibliography: http://russiaviolence.hypotheses.org/bibliographies/octobre-1993-in-russia-a-bibliography

Organising bodies

Centre d’études franco-russe de Moscou (CEFR), in collaboration with Centre d’études et de recherches internationales (CERI, Sciences Po, Paris), Centre d’étude des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, EHESS, Paris), Institute of Russian History of the Russian Academy of Sciences (IRI RAN, Moscow), Russian Academy of Economy and Public Service (RANHiGS, Moscow), Centre de recherches pluridisciplinaires multilingues (CRPM, Université Paris Ouest Nanterre), Institut des sciences sociales du politique (ISP, Université Paris Ouest Nanterre) and Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH, Paris).

Scientific committee

Carine Clément (Smolny Institute, St-Pet.), Françoise Daucé (Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand/CERCEC), Myriam Désert (University of Paris IV/CERCEC), Michel Dobry (University of Paris I/CESSP), Boris Dubin (Levada-Centre, Moscow), Gilles Favarel-Garrigues (CERI, Paris), Graeme Gill (University of Sydney), Anne Le Huérou (University Paris Nanterre/CRPM/CERCEC), Marie-Hélène Mandrillon (CERCEC, Paris), Rudolf Pikhoia (RANHiGS, Moscow), Jean-Robert Raviot (University of Paris Nanterre/CRPM), Amandine Regamey (University of Paris I/CERCEC), Kathy Rousselet (CERI, Paris), Carole Sigman (CEFR Moscow/ISP), Serguey Zhuravlev (IRI RAN, Moscow).

Organizing committee

Françoise Daucé, Gilles Favarel-Garrigues, Anne Le Huérou, Amandine Regamey, Kathy Rousselet, Carole Sigman.

Orte

  • CERI - 56 rue Jacob
    Paris, Frankreich (75006)

Daten

  • Freitag, 15. März 2013

Schlüsselwörter

  • crise, Russie, parlement, Président Eltsine

Kontakt

  • Amandine Regamey
    courriel : amandine [dot] regamey [at] gmail [dot] com

Informationsquelle

  • Amandine Regamey
    courriel : amandine [dot] regamey [at] gmail [dot] com

@license

@event_license_text CC0 1.0 Universel.

Zitierhinweise

« Un octobre oublié ? La Russie en 1993 », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Freitag, 08. Februar 2013, https://doi.org/10.58079/mty

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