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Approches temporelles du développement durable

Temporal approaches to sustainable development

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Veröffentlicht am Montag, 11. Dezember 2017

Zusammenfassung

Comment intégrer dans une même analyse les temps longs de la nature et du climat dans les temps plus courts de la politique ou des faits économiques et sociaux (Bonneuil et Fressoz, 2016) ? Peut-on « penser comme une montagne » pour agir en prenant en compte l’équilibre du système dans sa globalité et ses temporalités, comme le suggérait Aldo Léopold il y a un siècle ? Qu’est-ce qu’un équilibre du point de vue des temporalités et comment peut-on agir sur cet équilibre ? À l’image des travaux réalisés ces dernières décennies sur le rôle de l’espace dans le fonctionnement des écosystèmes (Wu, 2013), il est nécessaire de développer une approche transdisciplinaire des temporalités pour mieux comprendre le fonctionnement des socio-écosystèmes et anticiper les effets des changements globaux (Wolkovich et al., 2014).

How to include in one same analysis the longer time frame of nature and climate evolution within the shorter times of politics, economics or social facts (Bonneuil & Fressoz, 2016) ? Is it possible to “think like a mountain”, in order to take action while reckoning the global and temporal balance of the system, as Aldo Leopold suggested a century ago? Just like studies were made in the last decades about the role of space in the functioning of ecosystems (Wu, 2013), an transdisciplinary approach of temporalities has to be developed in order to better understand how socio-ecosystems work and to anticipate the effects of global change (Wolkovich et al., 2014).

Inserat

Argumentaire

La formule « développement durable » a fait son apparition au début des années 2000 notamment dans le domaine de l’action publique (Krieg-Planque, 2010). Cet équivalent français du sustainable development en souligne les dimensions temporelles : il s'agit de se projeter sur une longue durée et de tenir compte des conditions d'existence des générations à venir. À ces notions de « générations » et de « longue durée » s’ajoutent les concept d’« urgence » et d’« immédiateté » : les accords de Paris, en dressant le constat de l’ampleur des modifications que l’homme fait porter sur la planète, préconisent des actions de « court et moyen terme » par des engagements demandés aux États. Les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre et de pollutions diverses, de perte de biodiversité (Ceballosa et al, 2017) caractériseraient le début d’une nouvelle époque au sens géologique du terme, l’anthropocène (Crutzen & Stoermer, 2000), où les activités humaines seraient devenues le facteur majeur dans le fonctionnement et la modification du système terre. Les temporalités de l’anthropocène sont toujours en débat, certains suggérant un début de cette époque au moment de l’apparition de l’agriculture ou de la révolution industrielle ; cependant la « grande accélération » qui a eu lieu aux alentours des années 1950 avec notamment l’utilisation massive du pétrole, semble aujourd’hui faire de plus en plus consensus (Möllers et al, 2015 ; Bonneuil & Fressoz, 2016). Cette situation augmente l’incertitude sur l’avenir de la planète et de l’humanité, en particulier des populations déjà en situation de précarité. L’humanité est invitée à s’organiser « rapidement » pour mieux gérer les modifications qu’elle a initiées et assumer la responsabilité « d’intendant de la terre » (Stephen et al., 2011) pour être à même de choisir la trajectoire à venir.

Avenir, générations, courte, moyenne et longue durée, urgence, accélération : ce numéro sera conçu sur la base de contributions portant exclusivement sur les approches temporelles de l’action en lien avec un développement dit « durable ». Les propositions problématiseront ces dimensions temporelles à l’aide de recherches empiriques propres. En interrogeant la tension entre le court et le long terme, et en interrogeant notamment la notion d’urgence (climatique, sociale, etc.) il s'agira de dépasser la seule approche bio-systémique pour intégrer les quatre piliers du développement durable que sont la croissance économique, l’inclusion sociale et l’équilibre environnemental, et les cultures. Comment traiter de la reconnaissance de la diversité des cultures, des politiques d’éducation, de la diffusion de la science, de la liberté d’expression, d’accès à l’information, en adoptant une approche centrée sur les temporalités ? L’axe passé, présent, avenir (Chesneaux, 1985) permet d’interroger ces quatre caractéristiques du développement durable. Par exemple, le respect des cultures du présent constitue un lien entre le passé des sociétés et leur avenir, entre la préservation des traditions et l’émergence de nouvelles créativités.

Comment intégrer dans une même analyse les temps longs de la nature et du climat dans les temps plus courts de la politique ou des faits économiques et sociaux (Bonneuil & Fressoz, 2016) ? Peut-on « penser comme une montagne » pour agir en prenant en compte l’équilibre du système dans sa globalité et ses temporalités, comme le suggérait Aldo Léopold il y a un siècle ? Qu’est-ce qu’un équilibre du point de vue des temporalités et comment peut-on agir sur cet équilibre ? À l’image des travaux réalisés ces dernières décennies sur le rôle de l’espace dans le fonctionnement des écosystèmes (Wu, 2013), il est nécessaire de développer une approche transdisciplinaire des temporalités pour mieux comprendre le fonctionnement des socio-écosystèmes et anticiper les effets des changements globaux (Wolkovich et al., 2014).

Actions politiques et transitions

On entend qu’il faut agir, et vite, avant 2050, peut-être avant 2030. Depuis fin juin 2017, la revue Nature a même donné trois ans seulement pour inverser la courbe des émissions de GES (Figueres et al. 2017). Certes, mais comment l’action politique, avec ses temporalités propres, se structure-t-elle pour répondre à la fois à l’urgence et à celle du long-terme (cf. notre précédent dossier « Temporalités et action publique », 2014) ? Comment mener dans le temps présent une action politique intégrant un changement complet et donc profond de paradigme ?

Comment une action politique reposant sur la planification ou au contraire sur la conception de scénarios qui, par définition, ne sont que des hypothèses, peut-elle répondre à des situations critiques, tout en intégrant la connaissance et la compréhension des cycles ? Comment et sur quels fondements construire des stratégies répondant à la complexité des situations, et dépassant la simplicité d’une vision en deux dimensions qui ne réclame que la croissance (ou la décroissance), l’accélération (ou la décélération) et qui repose donc sur une appréhension linéaire du temps ? Comment s’appuyer sur l’histoire environnementale, sociale, économique, sur la mémoire, dans cette activité à l’intitulé paradoxal (voire oxymorique) qu’est la gestion des risques ? Et lorsqu’on analyse les changements de comportements et les évolutions des systèmes, comment savoir s’il s’agit d’épiphénomènes ou de bouleversements profonds et durables des paradigmes ?

Si ces préoccupations semblent progressivement s’affirmer dans l’action politique française – Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en 2015, mise en place par un Ministère de l'Écologie et du Développement Durable qui vient d’être remplacé par un ministère de la Transition écologique et solidaire – les actions proposées essaient d’adapter à court terme le système actuel en utilisant des innovations technologiques (voiture électrique, isolation) mais peinent encore à esquisser une transition vers un nouveau système plus efficace énergétiquement et plus résilient à long terme qui repenserait l’organisation de l’espace et des temporalités (Calthorpe, 2010). On s’intéressera donc à la nature et aux temporalités de l’action politique en faveur d’un développement durable et aux modes temporels auxquels ces derniers répondent. Quel est le lien entre les temporalités de l’action et l’objectif affiché visant le développement durable ?

Perception des temporalités et changement de comportements

Un autre axe de réflexion peut porter sur la manière dont les personnes reçoivent et intègrent dans leur existence les changements de paradigmes induits par cette action politique, et revoient ainsi leurs critères d’évaluation et leurs priorités, leurs habitudes, leurs pratiques et représentations – en somme leur manière d’être au monde, leur culture. Ainsi, les modes de comportements relevant de la « slow attitude » peuvent être interrogés dans ce cadre, de même que la promotion des mobilités urbaines douces, par exemple, ne peut se passer d’une remise en question de la vitesse des mouvements contemporains. L’approche environnementale – en termes de calcul des émissions de GES – rejoint une approche sociétale et comportementale. On pourra s’intéresser à la manière dont s’incarnent dans l’action les notions liées à l’écologie temporelle, diffusées, suite aux conférences de Tutzing, par Barbara Adam, William Grossin et aujourd’hui par Thierry Paquot. L’objectif que William Grossin assigne à l’écologie temporelle, de « limiter les détériorations des milieux temporels d’existence et d’y remédier », luttant ainsi contre les temps « malsains », les temps contraints des horloges, les temps artificiels produits par la société industrielle, fait singulièrement écho aux enjeux du développement durable et suggère que dans le champ des temporalités, il existe une vision durable de ces dernières. Des temporalités durables seraient ces temps choisis, personnels, réconciliés avec la nature et permettant le bien-être individuel et collectif.

De même, la possibilité d’une approche circulaire de l’économie, impliquant par exemple une revalorisation des déchets mérite des interrogations sur les temporalités. Elle va de pair avec des modifications de comportements et de perception de la valeur de matières. Ces matières, qui étaient vouées à une existence éphémère (produites, utilisées, jetées) redeviennent des ressources valorisables dans le temps. Cette conscience nouvelle de temporalités lentes ou durables, comment rencontre-t-elle des temporalités rapides voire accélérées ? Prendre conscience qu’un déchet nucléaire met cent mille ans à perdre la moitié de son rayonnement ou qu’un courriel parcourt des milliers de kilomètres en une seconde est-ce sans effet sur l’action et sur la conception du présent ?

La confrontation aux temporalités « longues » du monde est récente. Ce n’est que depuis le XVIIIe siècle avec notamment les théories de Buffon sur l’âge de la Terre puis au XIXe siècle avec les travaux de Lamarck puis de Darwin sur l’évolution que l’humanité a pu comprendre les temporalités des processus géologiques et biologiques. Paradoxalement, c’est à ce même moment de construction d’une histoire de la Terre que le recours aux énergies fossiles a permis un développement sans précédent des activités humaines et une accélération artificielle de certains phénomènes naturels (taux d’extinction des espèces, émission de GES), bouleversant cette même histoire.

On peut donc se demander comment ces changements de paradigmes lancés par une action publique renouvelée face à une situation complexe et urgente s’articulent avec le changement d’époque promu sous le nom d’anthropocène. Ce changement de génération au sens géologique du terme est-il nouveau ou ne fait-il qu’entériner la posture de l’homme « maître et possesseur de la nature » déjà promue par Descartes ? Une action politique visant à répondre aux urgences pesant sur l’environnement et l’humanité ne vient-elle pas renforcer cet anthropocentrisme et l’idée que c’est donc l’homme qui dicte son tempo à la nature ?

Les articles attendus, fondés sur une approche empirique, porteront donc sur les temporalités des phénomènes étudiés (évènements, traitement politique, appréhension et action des individus, et des collectifs).

Les contributions pourront relever des sciences humaines et sociales, et notamment de la sociologie, de la géographie, de l’économie, des sciences politiques, de l’écologie, de l’histoire, de l’histoire des sciences, de l’histoire de l’environnement, de l’urbanisme, ou encore des sciences expérimentales, dans la mesure où la dimension de l’action individuelle ou politique est abordée. Les approches pluri-, trans- ou interdisciplinaires sont particulièrement bienvenues.

Envoi des projets d’articles

Les auteurs devront envoyer leur proposition d’article aux coordinateurs du numéro Natalia Leclerc (Natalia.Leclerc1@univ-brest.fr) et Jérôme Sawtschuk (Jerome.Sawtschuk@univ-brest.fr) — avec copie au secrétariat de rédaction de la revue (temporalites@revues.org).

Cette proposition, composée d’un titre et d’un résumé d’une page en français ou en anglais du projet d’article (5 000 signes maximum), ainsi que du nom, des coordonnées et de l’affiliation institutionnelle de l’auteur, pourra être envoyée

jusqu’au 15 janvier 2018.

Les auteurs sont invités à consulter nos procédures : http://temporalites.revues.org/683

La composition de nos comités : http://temporalites.revues.org/533

Et les consignes aux auteurs : http://temporalites.revues.org/684

Calendrier récapitulatif, échéances

  • Réception des propositions (résumés de 5 000 signes maximum) : 15 janvier 2018

  • Réponse des coordinateurs : 19 février 2018
  • Réception des articles (50 000 signes maximum) : 23 avril 2018
  • Retour des expertises des évaluateurs : 1er juin 2018
  • Version révisée : 3 septembre 2018
  • Remise des versions définitives : 15 octobre 2018
  • Sortie du numéro : décembre 2018

Comité de Rédaction

  • Jean-Michel Baudouin, Professeur en sciences de l’éducation à l’université de Genève
  • Jean-Yves Boulin, Chargé de recherche CNRS à l’Irisso (Dauphine). Temps de travail, temps de la ville.
  • Nathalie Burnay, Professeure, Université de Namur et Université catholique de Louvain.
  • Sylvie Célérier, Professeur Université de Lille 1 – Clersé. Chercheur associée CEE
  • Beate Collet, Maître de Conférence en sociologie, GEMASS, UMR 8598, Paris 4
  • Didier Demazière, Directeur de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations (CSO, Sciences-Po)
  • François-Xavier Devetter, Maître de conférences en sciences économiques au Clersé (Lille 1)
  • Nicolas Fieulaine, Maître de Conférences en Psychologie Sociale, Université de Lyon — Coordinateur du réseau international Perspective temporelle. Groupe de Recherche en Psychologie Sociale (GRePS, EA 4163)
  • Ghislaine Gallenga, Maîtresse de Conférences en Anthropologie, Université d’Aix-Marseille — Institut D'Ethnologie Européenne Méditerranéenne Et Comparative - IDEMEC CNRS UMR 7307
  • Natalia Leclerc, Professeur agrégée de lettres modernes à l’université de Brest, docteur en littérature générale et comparée
  • Léa Lima, Maître de conférences en sociologie au Cnam, Directrice adjointe du LISE, UMR 3320
  • Thomas Lindemann, Professeur de Science Politique à l’Université Versailles Saint-Quentin et de Relations internationales à l’École Polytechnique
  • Jean-Marc Ramos, Maître de conférences en sociologie à l’université Paul Valéry – Montpellier 3. Membre fondateur de Temporalités, il a codirigé le bulletin Temporalistes avec William Grossin.
  • Nicolas Robette, Maître de conférences en démographie à l’université de Versailles – Saint Quentin, membre du laboratoire Printemps et chercheur associé à l’Ined
  • Mélanie Roussel, Docteure en sociologie, Centre universitaire de Recherches sur l'Action Publique et le Politique, Épistémologie et Sciences Sociales - CURAPP-ESS (UMR 7319)
  • Diane-Gabrielle Tremblay, Professeur, Université du Québec, TÉLUQ. Chaire de recherche sur les enjeux socio-organisationnels de l'économie du savoir, gestion des âges et des temps sociaux

Comité scientifique

  • Nadya Araujo Guimaraes, Professeur de sociologie à l’université de São Paulo. Rôle des institutions sur le marché du travail, liens entre genre, origine ethnique et emploi.
  • Thierry Blin, Maître de conférences en sociologie à l’université Montpellier III. Action collective, mouvements sociaux, mais aussi l’œuvre d’Alfred Schütz.
  • Paul Bouffartigue, Directeur de recherche CNRS au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST).
  • Maryse Bresson, Professeur de sociologie à l’université de Versailles – Saint-Quentin. Membre du laboratoire Printemps, spécialisée dans la sociologie des précarités et de l’intervention sociale.
  • Frédéric de Coninck, Ingénieur général des ponts et chassées habilité à diriger des recherches en sociologie. Directeur de l’école doctorale Ville et environnement de Paris Est. Codirige le numéro 16 sur les conflits de temporalités dans les organisations.
  • Corinne Gaudart, Chargée de recherche CNRS en ergonomie au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Lise – CNAM). Conditions de travail, ergonomie du travail.
  • Abdelhafid Hammouche, Professeur de sociologie à Lille 1 et directeur du Clersé. Action publique dans l’espace urbain, famille en situation migratoire, rapports d’autorité intergénérations.
  • Christian Lalive d’Épinay, Professeur honoraire au centre interfacultaire de gérontologie de Genève. Parcours de vie, vieillesse, loisirs et travail, récits de vie, culture et dynamique des sociétés industrielles.
  • Michel Lallement, Professeur de sociologie au CNAM et ancien directeur du Lise. Régulations du travail et de l’emploi, travail et utopie, trajectoires sociales et production culturelle.
  • Carmen Leccardi, Professeur de sociologie à l’université Bicocca de Milan. Processus de mutations culturelles, implications éthiques et de pouvoir de la question temporelle.
  • Élisabeth Longuenesse, Chercheuse en sociologie à l’Institut français du proche-orient (Ifpo). Travail et question sociale, professions savantes et syndicalisme professionnel, migrations et mobilités.
  • Catherine Omnès, Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Versailles – Saint-Quentin, présidente du conseil scientifique du Comité d’histoire de la sécurité sociale, Catherine Omnès travaille sur les marchés du travail et les trajectoires professionnelles, la santé et la sécurité au travail, et les pratiques et politiques patronales.
  • Vanilda Païva, Professeur retraitée de l’université fédérale de Rio de Janeiro. Sociologie de l’éducation.
  • Agnès Pélage, Maître de conférences en sociologie à l’UVSQ et membre du laboratoire Printemps. Classes sociales, construction sociale du droit du travail, direction de l’enseignement secondaire.
  • Jérôme Pélisse, Professeur des Universités à Sciences Po. Firmes, Marchés du travail et groupes professionnels, Risques, Santé
  • Emília Rodrigues Araújo, Professeur de sociologie à l’université de Minho (Portugal) : sociologie de la culture et représentations du temps.
  • Christiane Rolle, Ingénieur d’Études UVSQ en retraite. Ancienne secrétaire de rédaction de la revue, a notamment coordonné, avec Morgan Jouvenet, le dossier du n° 14.
  • Laurence Roulleau-Berger, Directrice de recherche CNRS en sociologie, Triangle, ENS-Lyon. Villes internationales (Europe et Chine et économies plurielles), emploi, migrations, désoccidentalisation de la sociologie.
  • Gabrielle Varro, Chargée de recherche en sociologie au CNRS HDR (retraitée).
  • Didier Vrancken, Professeur de sociologie à l’université de Liège et directeur du Centre de recherche et d’intervention sociologiques. Action et intervention en siuation d’incertitude. Parcours de vie.

Bibliographie

Adam, Barbara, 2001. “The Multiplicity of Times: contributions from the Tutzing time ecology Project”, Time & Society, 10 (1), 349-350.

Audier, Serge, 2017. La Société écologique et ses ennemis, Pour une histoire alternative de l’émancipation, éd. La Découverte.

Bonneuil, C., & Fressoz, J. B., 2016. L'Événement anthropocène. La Terre, l'histoire et nous. Points, 332 p.

Calthorpe, P., 2010. Urbanism in the Age of Climate Change, Washington, DC, Island Press.

Ceballosa, G., Ehrlichb, P. R., Dirzob R., 2017. Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines. Proceedings of the National Academy of Sciences (early edition).
http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114.abstract

CGLU, 2010. La culture, quatrième pilier du développement durable, 2010, rapport de la CGLU (Cités et gouvernements locaux unis) :
http://www.agenda21culture.net/sites/default/files/files/documents/fr/zz_culture4pilierdd_fra.pdf (consulté le 12 octobre 2017)

Chesneaux Jean, 1985. « L'axe passé/présent/avenir », Espaces Temps, 29. Cet obscur objet de l'histoire. 1. Une force trop tranquille, pp. 13-17.

Comby Jean-Baptiste, 2015. La Question climatique, Genèse et dépolitisation d’un problème public, éd. Raisons d’agir, « Cours et travaux ».

Crutzen, P. J., & Stoermer, E. F., 2000. “Global change newsletter”. The Anthropocene, 41, 17-18.

Figueres, C., Schellnhuber, H. J., Whiteman, G., Rockström, J., Hobley, A., & Rahmstorf, S., 2017. “Three years to safeguard our climate”. Nature, 546 (7660), 593-595.

Grossin, William, 1996. Pour une science des temps. Introduction à l'écologie temporelle, Toulouse, Éditions Octares.

Krieg-Planque, A., 2010. La formule “développement durable” : un opérateur de neutralisation de la conflictualité. Langage et société, (4), 5-29.

Möllers, N., Schwägerl, C., & Trischler, H. (Eds.), 2015. Welcome to the Anthropocene: The Earth in Our Hands. Deutsches Museum Verlag.

Paquot, T., 2014. « Un temps à soi : Pour une écologie existentielle », Esprit, décembre, (12), 18-35. doi : 10.3917/espri.1412.0018.

Steffen, W., Persson, Å., Deutsch, L., Zalasiewicz, J., Williams, M., Richardson, K.,... & Molina, M., 2011. “The Anthropocene: From global change to planetary stewardship”. AMBIO: A Journal of the Human Environment, 40 (7), 739-761.

Wolkovich, E. M., Cook, B. I., McLauchlan, K. K., & Davies, T. J., 2014. “Temporal ecology in the Anthropocene”. Ecology letters, 17 (11), 1365-1379.

Wu, J., 2013. “Key concepts and research topics in landscape ecology revisited: 30 years after the Allerton Park workshop”, Landscape ecology, 28 (1), 1-11.

Argument

The phrase “développement durable” appeared during the early 2000's, notably in the field of public policies (Krieg-Planque, 2010). A French equivalent of the English “sustainable development”, it underlines in itself its temporal aspects, as the idea is to embrace long-term planning and to take into consideration the living conditions of the future generations. Along with the notions of “generations” and “long-term”, are included the concepts of “emergency” and “immediacy”: the Paris agreement, by drawing up the scale of the changes that man inflicts upon the planet, calls for short and medium-term plans of action, pledged by the governments of participating countries. Greenhouse gas emission levels, pollution of all kinds and the loss of biodiversity (Ceballosa et al., 2017) may mark the beginning of a new geologic era: the anthropocene (Crutzen & Stoermer, 2000), when human activities have become the biggest impacting factor on the Earth's ecosystem. The temporalities of the anthropocene are still being discussed: while some believe it begins with the birth of agriculture or the industrial revolution, a consensus seems to appear around the idea of a “great acceleration” happening during the fifties with the massive use of oil (Möllers et al., 2015; Bonneuil & Fressoz, 2016). This situation increases uncertainties about the future of the planet and of mankind, particularly of those already living in precarious conditions. Mankind is urged to get “quickly” organized in order to better manage the changes it has inititated, to take responsibility as a steward of the land (Stephen et al., 2011) and thus to be able to choose an upcoming trajectory.

Future, generations, short, medium and long-term, emergency, acceleration: this issue will revolve only around contributions handling temporal approaches of actions related to development considered as “sustainable”. Propositions should problematize the temporal dimension with the help of personal empirical research. By questioning the tension that exists between short and long-term perspectives, by questioning the concept of emergency (climate emergency, social emergency, etc.), the point will be to go beyond the bio-systemic approach and involve the four pillars of sustainable development: economic growth, social inclusion, environmental balance and cultures. How to handle the recognition of cultural diversity, educational policies, diffusion of science, freedom of expression, access to information, all from a temporal point of view? To focus on the past, present, future (Chesneaux, 1985) is a way to question the four characteristics of sustainable development. For instance, the respect of present cultures draws a link between the past and the future of societies, between the preservation of traditions and emerging new creativities.

How to include in one same analysis the longer time frame of nature and climate evolution within the shorter times of politics, economics or social facts (Bonneuil & Fressoz, 2016) ? Is it possible to “think like a mountain”, in order to take action while reckoning the global and temporal balance of the system, as Aldo Leopold suggested a century ago? Just like studies were made in the last decades about the role of space in the functioning of ecosystems (Wu, 2013), an transdisciplinary approach of temporalities has to be developed in order to better understand how socio-ecosystems work and to anticipate the effects of global change (Wolkovich et al., 2014).

Political action and transitions

We hear we must act fast, before 2050, perhaps before 2030. Starting from June 2017, the Nature journal has given us three years to reverse the trend of GHG emissions (Figueres, 2017). Very well, but how can political action structure itself within its own temporalities to face short and long-term emergencies (cf. our previous record about “Temporalities and Public Action”, 2014) ? How is it possible to carry out policies in the present time, that take heed of a complete and radical change of paradigm?

How can a policy, relying either on planification or on the conception of scenarios which are, by definition, mere hypothesis, face critical situations, all the while integrating the knowledge and understanding of cycles? How, and relying on what foundation can strategies be built that match the complexity of situations beyond a two-dimensional vision of growth (or ungrowth) and acceleration (or deceleration), therefore based on a linear conception of time? How to draw on environmental, social, economical history and on memory in order to conduct the paradoxically named (to the point of an oxymoron) activity of risk management? How can changes in behaviours and evolutions of systems be identified either as epiphenomenons or as a profound and durable overturning of paradigms?

While these concerns seem to acquire a growing importance in French political action – as seen with the 2015 law on the energetic transition towards green growth, passed by the Ministère de l'Écologie et du développement durable”, recently replaced by the “Ministère de la Transition écologique et solidaire” - the proposed short-termed actions aim to update the current system through technological innovations (electric cars, isolation) but seem to be experiencing difficulties in shifting towards a new, energetically more efficient system, more resilient in the long-term, fully rethinking the organization of space and temporalities (Calthorpe, 2010). The nature and temporalities of policies, as well as the time frames they address regarding sustainable development should therefore be researched. How are the temporalities of policies related to the declared objective of sustainable development?

Perception of temporalities and change in behaviours

Another focus could be the way people receive and incoporate changes of paradigms resulting of policies into their own existence, thus rethinking their standards, priorities, habits, practices and representations – in a nutshell, their way of being in the world, their culture. Thus, habits relevant to a “slow attitude” could be studied within this frame, so could be the promotion of soft urban mobility that cannot go without questioning the speed of contemporary movement. The environmental approach – as in the measure of GHG emissions – meets societal and behavioural approaches. One may take interest in the way the concepts related to temporal ecology, worded by Barbara Adam, William Grossin following the Tutzing conferences, and today by Thierry Paquot, translate into action. According to William Grossin, temporal ecology should aim “at curbing the deterioration of temporal environments of existence and at resolving it”, fighting “unhealthy” time frames, the coerced time of clocks, the artificial times created by the industrial society: this significantly echoes the issues related to sustainable development and suggests that in the field of temporalities, there exists a sustainable vision of temporalities. Sustainable temporalities would be chosen time frames, personal ones, reconciled with nature and opening the possibility of individual and collective well-being.

Also, the possibility of a circular approach of economics, implying for instance the up cycling of waste, may be questioned from an temporality angle. It goes together with changes in behaviours and in the perception of the value of material. This material, vowed to an ephemeral existence (produced, used, disposed of) becomes, in time, a new recoverable valuable ressource. How does this new conscience of slow or sustainable temporalities meet fast or accelerated temporalities? When it comes to mind that a piece of nuclear waste will need a hundred thousand years to lose half of its radiation or that a e-mail takes seconds to travel thousands of miles, doesn't that affect the way we act or the way we understand our present time?

To confront the “longer” temporalities of the world is a recent matter. It's only been since the XVIIIth century and notably Buffon's theories about the age of Earth, and the XIXth century's works by Lamarck of Darwin about evolution, that humankind has been able to understand the temporalities of geological and biological processes. Paradoxically, it's also at this same time of construction of an history of Earth that the use of fossil energies has enabled an unforeseen development of human activity and an artificial acceleration of certain natural phenomenons (rate of extinction of species, GHG emissions), overturning that very same history.

What happens when the changes of paradigm promoted by renewed public action facing a complex and urgent situation meet a change of era towards the anthropocene? Is the change of generation, in a geological sense, something new or just an assessment of the status of man as “master and possessor of nature” as already described by Descartes? Is any policy dedicated to solving emergencies menacing mankind and its environment not a confirmation of its anthropocentrism, and that mankind is dictating its own tempo to nature?

The articles are expected, based on empirical approach, to concentrate on the temporalities of the researched phenomenons (events, political treatment, individual and collective apprehension and action).

Contributions should be relevant to humanities and social science, notably sociology, geography, economy, political science, ecology, history, history of science, history of the environment, urbanism, or experimental science to the extent that individual or political action should be tackled. Pluri-, trans- or interdisciplinary angles are particularly welcome.

Submission of proposals for articles

Authors may submit their proposals to the coordinators of the issue, Natalia Leclerc (Natalia.Leclerc1@univ-brest.fr) and Jérôme Sawtschuk (jerome.sawtschuk@univ-brest.fr)) copying the editorial office of the Journal (temporalites@revues.org).

The submission should include a title, a 5000-character draft in French or in English, the name, contact details and institutional affiliation of the author, and should be sent up

to January 15, 2018.

Authors are invited to take note of our procedures:  http://temporalites.revues.org/3459

The composition of our boards: http://temporalites.revues.org/3458

And our instructions to authors: http://temporalites.revues.org/3462

Planning and deadlines

  • Submission of proposals (5000 characters maximum) : 15 January 2018

  • Reply from coordinators: 19 February 2018
  • Submission of papers (50,000 characters maximum) : 23 April 2018
  • Feedback from the referees: 1 June 2018
  • Submission of revised version: 3 September 2018
  • Submission of final version: 15 October 2018
  • Publication: December 2018

Bibliography

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Daten

  • Montag, 15. Januar 2018

Schlüsselwörter

  • temporalité, anthropocène, développement durable, écologie, action politique, approche temporelle

Kontakt

  • François Théron
    courriel : francois [dot] theron [at] uvsq [dot] fr

Informationsquelle

  • François Théron
    courriel : francois [dot] theron [at] uvsq [dot] fr

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Zitierhinweise

« Approches temporelles du développement durable », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Montag, 11. Dezember 2017, https://doi.org/10.58079/z1m

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